Le Vent se lève (sur l’Irlande des années 1920).

par greensleevestoaground

On ne peut pas dire que l’Irlande est un sujet beaucoup traité dans les films, et même sur ce blog (à part dans ce vieil article sur les Gentlemen Farmers). Et c’est bien dommage, parce que l’Irlande et ses fameux Irish Sweaters, ses laines en pagaille, est bien l’un des viviers des produits vestimentaires de qualité. Alors, lorsque je suis tombé sur The Wind That Shakes The Barley (Le Vent se lève en est le ridicule titre français) de Ken Loach, Palme d’Or 2006, j’ai à peine été surpris par la belle reconstitution de l’Irlande des années 1919 à 1921. Sur fond de révolution face à l’occupant anglais, les paysans et petits propriétaires terriens joignent l’IRA né en 1916 et se battent ardemment et violemment dans des ensembles trois-pièces dépareillés aux matières que l’on ne trouve aujourd’hui plus que dans l’armoire de son arrière-grand-père. Je ne me lancerai pas ici dans une critique du film, domaine dans lequel je ne suis pas plus utile qu’un épouvantail au milieu d’un champ en friche, mais je vous laisse savourer les styles de l’Irlande du début des années 1920 à travers quelques screenshots du film. Non pas que j’en ai quelque chose à carrer de l’Irlande, mais au moins pour vous changer de l’hégémonie américaine qui plane sur ce blog portant le nom de l’une des mélodies les plus populaires et les plus anciennes du Royaume-Uni.

Le film commence sur un match de hurling (et non pas de hockey sur gazon comme je l'ai dit en gros nul que je suis. Merci Robin et Clubman!) en tenue de sport d'époque. Tout au long du film, il y a un vrai rapport entre les couleurs des outfits utilisées et les superbes paysages irlandais.

Ken Loach, pas tellement sympa avec ses compatriotes britanniques, a représenté des soldats anglais insupportables, violents et humiliants avec les locaux. Tant mieux, ça nous permet de voir que le détail des tenues est poussé jusque dans les dessous: henley et caleçons longs.

Quand on prépare des attentats pour l'IRA dans l'humide Irlande, on se fait pas chier avec des faux cols pour mettre une cravate. Le trois-pièces de laine quelconque ou de tweed est porté à la cool.

Le casting est quasiment 100% irlandais: ici Liam Cunningham dans le rôle de Dan, sa jolie chaîne de montre et un net attrait pour les laines couleurs "terre".

Cillian Murphy (à gauche) est le héros de l'histoire, Damien O'Donovan. Parti pour étudier à Londres, une chance inouie à l'époque, il se retrouve confronté aux violences de soldats anglais contre le chef du train qu'il est censé prendre. C'est ainsi qu'il décide de rester avec les siens pour se battre. L'outfit des deux amis ici n'est pas très loin de celui des maquisards français, 20 ans plus tard.

Bon bien sûr, pour toutes les gonzesses, il y a un brin de romance dans des champs d'herbes et de fleurs roses, où le héros balade sa dulcinée vers les chemins de l'espérance et de la liberté. Sinon, ça n'aurait jamais chopé une Palme d'Or.

GSTAG now on Facebook !