greensleeves to a ground

Mois : mai, 2010

Brown vs. Cornell ’82

En complément de l’article précédent, ces excellentes photos qui témoignent de la véracité du style preppy tel que le décrivait Lisa Birnbach. Comme souvent, ces images sont tirées d’un reportage réalisé par le magazine japonais Men’s Club, au début des années 1980 et intitulé Take Ivy ’82. Il « oppose » les styles croisés sur deux campus de l’Ivy League : Brown dans l’état de Providence et Cornell, à Ithaca, petite ville de l’état de New-York. Tous les classiques y sont : les mocassins de chasse LL Bean, les sweaters norvégiens et/ou de pêche irlandais, le velours côtelé (corduroy), le ciré jaune, les Sperry Top Siders, le down-vest… A noter aussi un vêtement peu mentionné dans le Preppy Handbook, mais énormément présent sur les clichés : le col roulé (version pull ou tricot de peau).

Brown

Cornell

Plus de photos et détails sur le blog Heavy Tweed Jacket.

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L’homme preppy.

Inutile de revenir plus longuement sur l’unique et très riche Preppy Handbook de Lisa Birnbach. Un retour à l’article précédent vous permettra d’en savoir plus. Une page est particulièrement intéressante dans ce livre en terme de style vestimentaire, traitée une fois de plus avec humour. La traduction (parfois approximative pour cause d’anglais pas toujours bien maîtrisé) ci-dessous, tirée de la page 138 de la « bible preppy » est un bien bel exemple de ce qui se faisait de la fin des années 1970 au milieu des années 1980 dans les universités du Nord-Est des Etats -Unis, à Nantucket pour une partie de voile ou encore lors d’un après-midi de chasse dans le VermontPlus qu’un style, l’habillement est une tradition pour le preppy masculin.

 » Le style basique de l’homme ne change pas, parce que l’homme lui-même ne change pas. Plus vieux que son âge lorsqu’il est enfant, en pleine jeunesse lorsqu’il est adulte, il est un mélange permanent d’éternel étudiant et de président de société. Le velours côtelé sera une année recouvert de petits canards,  l’année suivante, de baleines. Mais il n’y a jamais et il n’y aura jamais un look nouveau pour l’homme preppy.

Le grand classique preppy : Chino "embroidered" (ici, des trèfles à quatre feuilles), disponible chez Orvis.

1. Pas de chaussette. On évite de porter des chaussettes lors d’occasions sportives, mais aussi sociales. Ca donne un côté « plage » tout au long de l’année, un style tellement convoité qu’on peut mettre le confort de côté.

Les mocassins de chasse L.L. Bean, à porter sans chaussette, même par temps de pluie.

2. Les bijoux sont tabous. Les boutons de manchettes doivent être petits et raffinés. Une chevalière est autorisée, mieux encore avec les armoiries de la famille ou de l’école. Les collar pins (épingle pour col) sont souvent portés, mais jamais de pince ou d’épingle à cravate.

Les boutons de manchette aux couleurs de Harvard, disponibles chez Smart Turnout.

3. Présentation parfaite. Crucial. Toujours bien rasé –pas de longues pattes, pas de barbe, pas de moustache. Les cheveux doivent être coupés court (coupe traditionnelle), mais pas de manière bizarre. Ils peuvent être plaqués vers l’arrière, style 1930’s, ou légèrement décoiffés style « de retour de régate ». La coiffure ne doit en aucune circonstance cacher l’avant du visage, ni même le front.

4. L’outerwear d’intérieur. Un Irish Fisherman Sweater, des mocassins de chasse L.L. Bean et une down vest sont parfaits pour les soirées cocktails.

L'Irish Fisherman's Sweater L.L. Bean.

5. Le boxer. Le caleçon par excellence. Large et long. Ce n’est pas entièrement grotesque, dans les milieux Preppy, de le voir dépasser sous un bermuda (à la taille évidemment). Blanc ou uni dans des tons pastel. Un homme peut recevoir un boxer à carreaux en cadeau, mais seulement s’il est offert par une femme.

6. La « superposition ». Ajouter ou enlever une, deux ou trois épaisseurs peut vous mener du yacht club à la salle de réunion, du bureau à un rancard. Par exemple, une veste en tweed sur un Norwegian sweater sur une chemise oxford sur un polo Lacoste. Par-dessus cela, une down-vest. Et un ciré pour recouvrir l’ensemble par mauvais temps.  »

Extrait du catalogue L.L. Bean Automne 1983.

Texte in The Official Preppy Handbook, Lisa Birnbach, p. 138, 1980.

True Prep

En 1980, une jeune new-yorkaise de 21 ans et répondant au nom de Lisa Bernbach quitte son poste de rédactrice du journal The Village Voice pour écrire un livre sur une véritable « caste » à part de la société américaine : les preppies. Paraît alors un livre qui allait devenir un  véritable phénomène en restant 38 semaines en tête des bestsellers du New York Times : l’Official Preppy Handbook. Mrs. Brinbach est elle-même entourée par des gens de ce milieu : sa famille, ses amis, ses collègues. Ce qui devait être un bouquin de style vestimentaire uniquement, finit par être, à la demande de l’auteur, une analyse humoristique mais réaliste de toutes les bonnes manières liées à la tradition preppy, et plus généralement à la tradition WASP. On y trouve absolument tout : comment s’habille les preppies, où vont-ils en vacances, comment se comporter en soirée, dans quelle école s’inscrire et même comment se comporter lors de sa première nuit d’amour.

30 ans après, avec Internet, les téléphones portables, l’apparition des matières synthétiques, que sont devenus nos BCBG américains adeptes du Go-to-Hell pants, de la Top-Sider, de la voile à Nantucket et des soirées de Princeton ou Yale ? C’est ce que Lisa Birnbach (et Chip Kidd pour les illustrations) va nous expliquer dans True Prep. Actuellement annoncé pour la mi-septembre, il est évidemment incontournable.

Christian Chensvold, comme souvent, est celui qui a annoncé la sortie de True Prep de bien belle manière, puisque Lisa Birnbach lui a accordé certainement la seule véritable interview concernant ses ouvrages.