greensleeves to a ground

Mois : mars, 2012

Scavini: architecte du style.

Je fais de la pub toute la journée au boulot alors ne croyez pas que je vais continuer sur mon blog dans l’espoir de me voir offrir une paire de chaussettes par la marque en question. Du coup, vous pouvez être sûr que si je vous parle aujourd’hui de Julien Scavini, ce n’est pas seulement parce qu’il y a un costume trois-pièces à la clé (on est d’accord Julien, hein?), mais parce que son talent et son goût pour la belle facture auraient toute leur place dans une jolie boutique florentine. Après une formation d’architecte (d’où le titre hautement recherché de l’article), le jeune homme se dirige sans vergogne vers un CAP de maître-tailleur avec une seule chose en tête: lâcher les ordinateurs et mettre à la main à la pâte. Lâcher les ordinateurs? Pas complètement, puisque Julien est avant tout connu depuis quelques années pour ses excellentes illustrations partagées sur Stiff Collar et parues depuis dans de nombreux magazines, dont MONSIEUR. Aujourd’hui diplôme en poche, il peut enfin apposer le mot qu’il convoitait tant dans ses rêves de gamins près de son nom à consonnance terroriste corse: Scavini Tailleur. C’est désormais à ce nom qu’il répondra uniquement, et il a raison, car derrière ses airs gentillets, c’est un fou de travail et un homme à la culture historique et technique exceptionnelle sur tout ce qui concerne les vêtements, leurs matières, leurs coupes et le style de gentleman en général. Grand admirateur du style anglais et de Jeremy Hackett, à juste titre, il conviendra de garder ses propres mots en tête avant de le contacter: « J’aime beaucoup le classicisme. Le vrai, pas celui de papy. Les belles pièces tailleur comme ce manteau par exemple. Une vraie référence, avec toutes ses caractéristiques de style.  »

Je me suis permis de reprendre mot pour mot les descriptions de l'expert. "Manteau croisé, type Polo Coat avec ses particularités : revers à anglaises très échancrées (pour le port du col redressé en cas de vent), martingale boutonnée dans le dos, parements en bas de manches, grandes poches 'boîtes aux lettres' sur le côté (en fait une poche passepoilée insérée dans une poche plaquée)."

"Le tissu est un gros chevron de laine vierge, provenant d'une fin de coupe Fendi. La doublure en coton, un Prince de Galles vert et gris, est une fin de coupe YSL. Les boutons sont en bois brulé. Ce modèle est entoilé (donc sans thermocollant)."

"Une veste et un gilet à revers. La veste possède trois poches plaquées, et un revers à anglaises classiques (cran sport). Elle est non doublée. Les petits éléments de doublure sont en ponge de soie bleu ciel, comme le dos du gilet.
Le gilet a 5 boutons, deux petites poches basses et des revers. La veste est réalisée dans un lainage à grand Prince de Galles fenêtré bleu de chez Dormeuil et le gilet dans une toile légère de laine et de soie. Un pantalon marron uni à porter avec bretelles accompagne cet ensemble. La veste est aussi entoilée (donc sans thermocollant)."

"Une veste en laine et mohair Prince de Galles très léger. La veste a deux boutons et deux poches plaquées. Elle est doublée de soie et ses épaules sont napolitaines (couture inversée, épaule naturelle). Entoilé là encore." J. Scavini

Pour le contacter, lui commander un blazer parfait ou prendre un café avec lui et discuter chiffons:

http://www.scavini.fr/

06 14 90 17 45

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Gary Cooper Enduring Style: la suite, part II.

Vous avez déjà eu un post sur la période pré-hollywood de Gary Cooper en guise de complément de ce magnifique livre. Voici la suite, qui ne nécessite pas de commentaire supplémentaire: des photos rares de Gary Cooper, essentiellement datées des années 1920 ou du tout début des années 1930, où l’on retrouve sur la première son goût pour les tissus rares ou folkloriques, notamment les tissus Indiens – passion qui remonte à l’enfance dans l’Indiana de mon pote Gary.

Pas évident de porter ce tissu indien, qui plus est dans les 1920's. La silhouette de Cooper le rend pourtant tout à fait naturel.

Gary est un brelot comme les autres: il passe la tondeuse comme les autres. Mais en cravate.

Le smoking version Gary Cooper, en 1928.

Si vous vous intéressez à l'acteur et à ses photos, vous remarquerez qu'il a toujours une manière complètement désinvolte de porter ses mouchoirs de poche: parfois pliés trop petits, parfois sortant un peu trop de la pochette. Le style passe aussi par un minimum de négligence.

Ce profil atypique, presque féminin dans sa jeunesse, est certainement l'un des plus connus de l'histoire du cinéma.

Si quelqu'un peut me renseigner sur la montre que porte Gary ici, qu'il n'hésite pas à laisser un commentaire. Je lui aurais bien demandé directement, mais j'ai paumé son numéro de portable.

En 1929, dans la maison de l'acteur.

Toujours dans la même maison, plus causual, en novembre 1929.

Comme beaucoup d'acteurs, à vrai dire, comme beaucoup de mecs qui ont du poignon, Cooper a sa petite collection de voiture. Ici un magnifique coupé-cabriolet, mais pas c'est pas une 206.

Col V plongeant, une chemise à col italien et un pantalon en lin ou flanelle à rayures. Casual printanier.

On termine cette série par un magnifique portrait de Cooper par le photographe de la Paramount, Otto Dyar, prise en 1929.

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Leyendecker pour Kuppenheimer.

Vous vous attendez certainement à un voyage en Allemagne en voyant ces deux noms, mais que dalle, il faudra vous payez un billet de train pour aller bouffer une currywurst. Joseph Christian Leyendecker en a certainement ingurgitées quelques-unes currywurst puisqu’il est né à Montabaur en Allemagne. Pourtant c’est au pays du burger que Leyendecker va faire sa carrière, suite au choix de ses parents de déménager à Chicago alors qu’il n’a que 8 ans, en 1872. Après avoir étudié avec son frère Frank au Chicago Art Institute, les deux ne se lâchent pas et entrent à l’Académie Julian à Paris: l’occasion de découvrir les quartiers bohèmes de Montmartre et d’être exposés aux côtés des maîtres de l’art nouveau.

Mais l’Amérique est l’unique terre fertile pour les jeunes talents qui ne veulent pas seulement flâner aux alentours du Café de Flore sans gagner le moindre sou. A l’aube du XXe siècle, Frank et Joe commencent à bosser avec le Saturday Evening Post, Interwoven Socks, Arrow, Hartmarx ou encore Kuppenheimer dont il est question aujourd’hui, et qui sont toutes des marques auquel le nom Leyendecker sera associé jusque dans les années 1930. On octroie souvent, à tort, les lauriers à Joe aujourd’hui, pourtant c’est bien avec son frère Frank (mort en 1924) qu’ils définiront l’image de l’homme moderne, stylé, athlétique et confiant en société à travers les trésors d’illustrations que sont les publicités pour les cols Arrow. Charles Beach, petit ami de Joe (ceux qui en déduiront qu’il est homosexuel peuvent se vanter auprès de leurs collègues d’être d’une perspicacité hors-pair), sera le principal visage modèle de ce parfait « common man », comme Roosevelt l’avait appelé en voyant les illustrations de l’artiste. Dans ce premier post sur le travail de Leyendecker, nous allons nous concentrer sur une série d’illustrations du milieu à la fin des années 1910 pour la maison new-yorkaise Kuppenheimer, et mise en ligne par la NYPL. L’occasion de découvrir le travail incroyablement précis et singulier des Leyendecker qui mettent en avant l’homme, son style et sa prestance sociale: en clair, la représentation d’un idéal masculin. Ce n’est pas une surprise si Norman Rockwell a tout appris en voyant ces illustrations des  catalogues de Kuppenheimer qu’il lisait aux chiottes étant petit.

Les tenues de soirée et de bal, en 1912. Le visage de droite est celui de Charles Beach, que vous pourrez reconnaître sur nombre d'illustrations de Leyendecker.

Le footballeur US, ici au centre, est un symbole de l'imagerie des Leyendecker. Chic et sportswear, la maison Kuppenheimer offrait une somptueuse collection en cette mi-saison 1912.

B. Kuppenheimer & Co. est née en 1876 à Chicago, du nom de Bernard Kuppenheimer, le fondateur émigré allemand de la firme. C'est un fabricant et distributeur de vêtements homme qui eut sa place auprès des grands Hart Schaffner Marx et Brooks Brothers au début du 20e siècle.

Manteaux pour la collection hiver 1913.

Le haut-de-forme était l'accessoire indispensable au smoking. Ici, le modèle de 1915. "Correct et distingué, exprimant à la fois belle forme et bon goût."

Certainement pour des raisons de plus gros budgets et une confiance grandissante en les frères Leyendecker, la maison Kuppenheimer s'offre la couleur dans ses catalogues en 1918.

Bien qu'homosexuel, Leyendecker intègre régulièrement de jolies femmes bien habillées dans ses illustrations.

Les couleurs sur cette collection automne de 1918 sont absolument parfaites: costumes vert anglais et bleu marine, manteau beige et la rose qui vient égayer le tableau.

Kuppenheimer a été l'habilleur de l'armée américaine pendant toute sa participation au conflit mondial de 1914-1918. Un plaisir pour Leyendecker qui, avec son souci de la perfection, représente le moindre petit détail des vêtements militaires.

Le Klavicle Trench, développé pour l'Armée américaine.

Pour les modèles particuliers ou emblématiques de Kuppenmheimer, Leyendecker réalisait ce genre de portrait aussi réaliste qu'une photo.

Ce costume Beltsac avec une veste type Norfolk a certainement fait fureur chez les jeunes des universités prestigieuses de la côte-est. Un bel exemple de sportswear Made in the US.

Le manteau Cavalier, visiblement destiné ici aux étudiants.

Un trois-pièces d'été pour assister aux régates ou à un match de baseball. Le style "Spectator" développé par les marques de l'époque, et dont Kuppenheimer est très représentative, a donné naissance au sportswear dans ces mêmes années: chic, mais pour un gentleman plus décontracté, fait à partir de matière plus légères, ce costume Wayne supporte parfaitement la présence d'un canotier qui vient alléger le côté formel du trois-pièces. La firme Kuppenheimer fera banqueroute en 1997, mais on s'en souviendra comme l'un des plus beaux terrains d'expression de l'art de Leyendecker.

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Entrez dans la salle de bal.

A force de choper de la photo d’archive dans tous les sens, mon ordinateur est devenu une foire à pommes de terre en Pologne, en gros: un vrai bordel. Alors il a fallu que je prenne une décision: soit je les efface toutes, soit je fais un article pour chacune des photos et dans 20 ans on y est encore, soit je les collectionne et les montre quelque part. C’est là que je me suis dit, quitte à passer pour un plouc qui découvre ça seulement aujourd’hui, que je pourrais me faire un petit Tumblr. Quand je vois que les tocards de Neo Retro ou encore The Mindfuck of Golden Birdies sont capables d’en tenir un à jour régulièrement, pourquoi pas moi? En hommage à la scène de Shining et à The Caretaker, j’ai décidé de l’appeler The Haunted Ballroom (la salle de balle hantée): le lieu où tous vos souvenirs vont rejaillir sur les échos d’une musique lointaine. Images connues, inédites, rares, des liens vers d’anciens articles que vous n’avez peut-être pas encore lus, de la musique, ce sera un complément à GSTAG et pas un remplaçant.

Et afin d’étoffer mes archives, n’hésitez pas à me soumettre vos photos anicennes des années 1900 à 1960 incluses où l’on voit des hommes et des femmes bien habillés à cette adresse

greensleevestoaground@gmail.com

comme l’a fait Nicolas pour cet article consacré à son éminent aieul. Vous le savez, il en sera fait bon usage et vous pourrez ainsi rendre à votre grand-père toute la célébrité stylistique qui lui est dûe. A bientôt donc dans The Haunted Ballroom, et longue vie à GSTAG qui continuera, pour les plus courageux d’entre vous, à vous faire bouffer de l’insolence et du style.

http://thehauntedballroom.tumblr.com/

Nick Waterhouse: the « Ivy » interview.

J’ai longtemps hésité avant de poster cette interview en anglais. A vrai dire, ce serait une première exceptionnelle, tout comme l’est l’interview en question que m’a accordée Nick Waterhouse. Si vous ne connaissez pas, il va falloir vous remuer les oreilles. Ok, son premier EP vinyl « Some Place » s’est vendu comme des petits pains, et à part en claquant des sommes mirobolantes sur Ebay, peu de chances de choper une copie originale. Heureusement, son EP « Is That Clear » est toujours dispo, puis il y a Youtube. Et encore plus heureusement, le bonhomme est actuellement en tournée en Europe. Eh ouais, le nouveau roi du R&B –non, pas celui des gros bouls qui remuent sur les beats de Timbaland, mais le vrai Rythm&Blues né à la fin des 1940’s– va bientôt passer chez vous pour promouvoir son premier album. Après des dates à Berlin et Londres, entre autres, il débarque à Paris jeudi 8 mars, dans l’antre de David Lynch: le Silencio. Mal nommé pour l’occasion, parce que ça va balancer sévère à la basse, à la guitare au saxo et à la batterie. Originaire de San Francisco, Waterhouse a bercé dès l’enfance dans les 1960’s et tout ce qui va avec la jeunesse de l’époque: jazz, rock, R&B, lifestyle et évidemment, les vêtements. Car Nick, qui n’est pas plus âgé que moi, ne se déplace pas sans son oxford-shirt, ses Alden et ses blazers narrow lapels/natural shoulders. Un puriste, un passionné? Pas vraiment: en fait Nick donne l’impression de s’être gouré d’époque. A aucun moment il n’a l’air d’être un de ces pauvres ringards tombés dans la marmite Ivy il y a 5 ans (comme moi, par exemple), mais il vit pour et avec lui, depuis sa naissance. Bon, quand même il a une adresse e-mail, sinon ce serait une merde sans nom de passer par la Pan Am pour s’envoyer du courrier. Il kiffe mon blog, je kiffe son son (oui, Véronique. J’y ai pensé aussi.) et après avoir discuté chiffons (« Hey, elle vient d’où ta pullover shirt? Je veux la même! – Ouais mais seulement si tu me dis où t’as chopé tes godasses »), on s’est décidés à faire une interview en bonne et due forme: en anglais, pour ne rien perdre de l’authenticité des propos de Nick Waterhouse, et en musique! Et si cette chute d’intro ridicule ne vous troue pas le fion, l’interview va s’en charger.

Translation: Cool!

Nick, when did you start playing music?

I began performing in a group at age 14, and have done that off and on for the last decade. Though my first ‘real’ shows were when I was 16-19, I hadn’t really started playing again until this time last year – December. I self-produced and put out ‘Some Place’ in the summer of 2010 and that, I would say, is the first time I took myself seriously as a music-maker.

A lot of new bands play electro-pop, electronica, folk, and you decide to play original R&B. Is it a kind of choice you’ve made or did you come to that music naturally?

I’d say it came naturally. I follow what makes my ears and my mind and my eyes happy. Just like the clothes. If I get interested in something, I really don’t question it too much and develop my own tastes in spite of any period or dogma. I’d say there were times it was definitely difficult to be so enamored with a certain strain of music that wasn’t really ‘in step’ with the rest of the world.

What did you first discover about this era: music or clothes?

The music came first, but I didn’t realize it at the time. It was stuff like John Lee Hooker, Van Morrison & Them, Atlantic Records soul stuff, that I was hearing when I was really young, and then as I grew older I started seeing photos of artists. It was when I was 14 I started to get really interested in clothes and culture. I was always a big reader, just totally lost in books, so when I went to the library I started reading as much as I could about whatever subject came to mind as a ten year old – eventually you read stuff about Jazz, or the Rolling Stones, or about Muddy Waters, or about Sam Cooke, and there’s a little paragraph with something like ‘He was turned-out in skinny lapel jackets, with polished almond toe shoes, and started wearing knit tops and jivey sport coats.. etc etc » and it’s like – What does that LOOK like?? A lot was left to the imagination.

How do you work to reproduce this old-school and natural song from the 1960’s?

Man, I see it as like – there is this vocabulary, right, and you just learn how to conjugate and what a sentence is, and you learn the slang, and then you apply those things without rewriting someone else’s words. You’re speaking your own ideas. I think that’s the trick – you never get hung up trying to rewrite someone else’s work, you’ll always get caught. I don’t think of what I am doing as a 1960’s song, and maybe that’s why so many people tell me it sounds so ‘authentic’.. I am not sitting around trying to recreate the drum sound at Stax, or play a Sun Records guitar lead. I just set up the sand box and then play in it… Good equipment and technique is like clothes, you need to be comfortable in ’em otherwise you look like someone pretending.

You’re a pure Ivy Look guy. A style that is more linked to jazz. What’s so important in the link between music and style?

I never like labels nor subculture type of stuff, but the Ivy Look as it’s called is definitely something close to my heart. I think the trick is never to do something just because you’re ‘supposed to’. A lot of the appeal of this stuff came from people I idolized as a kid, and I in turn developed a personal relationship through my own experience with it — I saw photos of people like Mose Allison, Barney Kessel, Georgie Fame, Sam Cooke, Sonny Clark as a teenager and thought they looked the coolest – didn’t matter what kind of music they played. I found myself cutting away things that didn’t work or were too over the top year by year and by university (appropriately enough) I had settled on really hip basics – weejuns, trim slacks, button downs and slim sack jackets and suits. I worked at Brooks Brothers from age 19-22, but I worked there because I wanted to get my wardrobe, not ’cause I’m into all that brahmin men’s club kinda stuff.

I definitely listen to a lot of Jazz and actually see more of a connection with jazz and R&B than most people do. A lot of folks would be surprised that I am listening to the King Cole Trio, Lester Young, and Bill Evans more than I am James Brown or Muddy Waters. A lot of those jazz players were the secret heroes of Rhythm & Blues and « Soul » records – session players backing people like Solomon Burke. Connie Kay of the Modern Jazz Quarter playing with Ray Charles. And it went the other way, too – all the R&B guys idolized jazz players. For me it’s the same as my music – I rank buying my first 45 (‘Green Onions’) with buying my first Brooks Bros. Button Down. It’s all stuff that isn’t disposable and is borne out of good design for use.. you can either be real esoteric with it or you can just enjoy it on a surface level and it gives you something back.

What makes the Ivy Look, and the music that comes along, so exciting for you?

It’s just under-the-radar hip. Little details, certain fits. It’s tough because in America it’s the baseline for godawful business casual so you can’t wear certain things. I see it as similar to ‘Oldies’ formatting here in the US. The Big Chill = Billowy blue oxford shirt + Dockers khakis. You gotta find the good stuff, or take away all the cultural baggage and ‘re-appreciate’ what the original take on that thing was. It’s how I can listen to a tune like ‘My Guy’ and not think of it as old-folks music. Ivy style is kind of like music, it just pleases me, looks right when it’s right.

Ivy Look came from the East Coast and was adopted by all artists and actors of the West Coast at the end of the 1950s. Considering that East Coast is invaded by multicolor preppy stuffs since the end of the 1970s, do you think the purest Ivy Look is still at home in California?

I’d say in California you see it less, but when you do it’s sort of like finding those Japanese soldiers on little islands in the Pacific – they don’t know the war’s over. California’s interesting because you get so much choice. So if someone’s wearing this kind of stuff out here, they made the effort, or they are REALLY coming from tradition. In San Francisco, there’s pockets of it, a couple hip music guys really doing it. It’s strange because it’s so big here. I don’t really come across too many young people in Los Angeles wearing it, unless it’s a fashion guy – Band of Outsiders, Thom Browne, etc. in Barney’s really pushed some of the look into groups of people you wouldn’t see it before. It was funny to see my gay fashionista friends picking up uni-stripe button downs and grosgrain watch straps for lots of money, but still exciting because it gets it out there.

Where do you find your clothes?

Mostly great thrift shops. Most of my age group (18-25) that these shops are geared towards aren’t really dying to find an Arrow BD with a 3rd button on the collar or a swelled-edge Clipper Craft jacket, so those items are priced really low while trend-oriented stuff is the high priced movers. I remember getting a stack of vintage madras button downs for $12 a piece at this place, where it was filed in the ’90’s grunge flannel’ section. I also tend to hit bigger charity donation places like Salvation Armies, flea markets, etc. There’s still brick and mortar places like Brooks Brothers, Allen Edmonds, Alden, and up ’til this year I was buying from great small boutiques like Union Made in San Francisco. I like independent shops like I like independent record labels. They aren’t so homogenous and present a unique experience you can only get in one place.

What’s the basic Ivy Look for you, the essentials that every man should have in his wardrobe?

1 pair oxblood or dark brown penny loafers, a couple of button down shirts with the RIGHT collar (like golidlocks, they’re all too small or too big or the buttons are in a funny place from so many these days), same with the trousers – the RIGHT waist height (why so much low-rise?) but slim, a good sport coat that you can wear like a pair of jeans, a few silk knit ties, a repp stripe or two, and the rest you can fill in the blanks yourself. You want to be tweedy, be tweedy, you want to wear a suit, get yourself some good muted colored wools..

Your schedule for the next months (releases, dates in Europe, …)?

I’ll be playing a few select dates on the West Coast in the new year and finishing up producing the Allah-Las debut LP, then heading to Europe for a string of dates March 1 – 12. After that, I’ll be headed to South By Southwest, then throughout the States for my first string of dates in North America. My album, Time’s All Gone, hits in April 2012. I’m sure I’ll be seeing you in France!

 Thanks Nick for the interview, and enjoy Europe!

Pictures: all rights reserved Starline Social Club (color) and Jason Rosete (black&white).

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