greensleeves to a ground

Mois : mai, 2012

The Ivy House, par Men’s File.

Ooooh je sens que l’Ivy vous manque! Pourtant ce blog transpire l’Ivy, il en regorge, il vit l’Ivy (tu l’as pas vu venir celle-là hein?). Bon, heureusement, il n’y a pas que là que l’on parle Ivy League, Ivy Look, « Fuck Ivy » ou « Forget Ivy » (chers à McNairy, 50€ le t-shirt…), et hormis la confrérie des blogueurs qui s’y intéressent, un magazine imprimé en particulier se distingue: Men’s File. Men’s File, c’est l’oeuvre de Nick Clements, photographe, journaliste, passioné de vélo et de beaux vêtements – un anglais quoi – qui partage avec nous depuis deux numéros une section intitulée « The Ivy House ». Comme vous pourrez le lire dans le scan ci-dessous, The Ivy house est une fraternité servant d’alibi au concept créé par Mr. Clements pour tenter de faire revivre le style des étudiants américains des 1960’s dans un contexte fidèlement reproduit par un choix minutieux d’atmosphères, de lieux, d’accessoires, etc : sur le papier ça donne envie, et ça tombe bien puisque le magazine est en papier. Tout y est: cardigans letterman d’époque, voiture d’époque, vélo d’époque, les coupes de cheveux sont respectées, les coupes des vêtements également. On s’y croirait! Donc même si on aimerait voir plus de clichés à chaque parution déjà trop rare (2 numéros par an), saluons le travail de reconstitution exceptionnel de Nick Clements, appuyé par une photographie à même de relayer votre Instagram chéri au rang de Mireille Mathieu de la photo. Chapeau! Chapeau aussi pour les scans de traviole.

Pour choper le mag. allez donc vous renseigner sur leur site internet et profitez-en pour jeter un oeil à leur toute nouvelle section « vidéo ». Tout comme l’intégralité du travail qu’ils fournissent, ça chire-dé ve-gra.

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Cannes avant « Cannes »: la French Riviera des 1920’s aux 1960’s.

Bon, j’imagine que vous le savez: on est en plein festival de Cannes, festival de film qui a lieu depuis 1946 dans la ville toute naze de Cannes. J’imagine aussi que vous le savez parce que vous suivez Denisot et son équipe de branleurs qui sert d’inspiration et de modèle à 80% des 18-35 ans français. Ou peut-être parce que vous attendez impatiemment la sortie de tous ces films français qui racontent la vie sexuelle de vos voisins, vue par le trou de la serrure des chiottes pour avoir un semblant de créativité, avec toujours au moins un meutre ou un suicide à la clé. Faut pas s’étonner après que Montebourg soit ministre, Anne Roumanoff humoriste préférée des Français et que Renault vende encore des bagnoles. Ouais pardon, je suis énervé! Mais c’est qu’en voyant les cinq vidéos qui suivent, je me suis dit qu’il était clairement temps que je prenne des vacances. La Côte d’Azur! La nôtre! Celle qui est à gerber en plein été parce que trop bondée, mais tellement merveilleuse un mois de septembre encore beau et chaud, lorsque les gamins vous ont foutu la paix pour retourner sur les bancs de l’école et leurs parents, sur les bancs de l’ANPE. Les Américains l’appellent la French Riviera et en raffolent dès les années 20, mais ce sont les anglais et leurs plus illustres représentants qui y installent leurs quartiers de vacances fin XIXe: j’ai nommé la Famille Royale, la Reine Victoria et Edouard VII. Les Rothschild plus tard, puis avant les années 50, Picasso, Matisse et autres artistes à la recherche d’inspiration et de repos. Avec les vols en partance des États-Unis pour Paris puis Nice, avec l’arrivée des congès payés, avec la fin de la guerre, cette côte qui s’étend de Cassis à la frontière italienne devient le lieu incontournable du français moyen et des riches étrangers du monde entier. Promise à la beaufitude dès les années 90 autant que Lana Del Rey à une courte carrière, la French Riviera n’en reste pas moins l’une des côtes les plus belles et les plus riches culturellement du monde. Le Festival de Cannes est un des passages obligés bien sûr, mais la prochaine fois que vous descendez dans le Midi, allez donc plutôt faire un tour dans l’intérieur des terres, là où les vrais trésors se cachent. Comme à St-Paul-de-Vence par exemple, où Chagall, Montand, Ventura, Loren et Signoret jouaient à la pétanque. Retournons un peu en arrière désormais pour retrouver tout ce charme et ce style d’antan, en passant en revue ces quelques films promotionnels de voyagistes, des années 1920 aux années 1960. Et je finis par une belle chute à la con: la Palme d’Or cette année, je la remets à ce coin de paradis qui a tant à nous raconter.

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Letterboys, 1914.

Je vous pose cette photo de boys scouts à Washington , DC en 1914 sous le nez. Agrandissez-la moi en cliquant dessus nom de Dieu ! Explorez-la, fouinez, cherchez tous les détails, vous y trouverez toutes les formes possibles et imaginables de letterman, de tenues sportswear, de cardigans, de chemises, de knickerbockers, de sneakers d’époque… Bref, vous avez un week-end pour me sortir une dissert sur la naissance du sportswear. Rendu des copies lundi à 8h!

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The Heritage Post. Du bon boulot, à l’allemande.

Au Japon, ils ont Free&Easy, en Angleterre Men’s File, aux États-Unis Inventory, en France Jeune&Jolie et désormais l’Allemagne a aussi son propre magazine qui va bien. Son nom? The Heritage Post. Pas très allemand vous me direz, du moins autant que Free&Easy est japonais. Idée germée dans l’atelier d’Uwe Van Afferden, un vrai manuel comme on les aime – un jour styliste, un autre décorateur d’intérieur, et le lendemain designer ou illustrateur – ce magazine, bien qu’écrit en allemand est promis à une belle carrière. Du moins je l’espére. A l’intérieur, 150 pages de contenu riche comme on en voit encore trop peu, y compris sur les blogs: comment respecter son jean, du Rin Tanaka, du Mister Freedom, de l’Aero leather, un passage en revue des deux-roues Royal Enfield, l’histoire de la mythique Jeep Wagoneer, de la bouffe, un choix de bières, des Wolverine 1000 Mile, des montres, de la Rolex GMT-Master aux somptueuses Germano & Walter… Bref, tout ce que l’on attend d’un premier numéro qui se cherche un peu en abordant tous les thèmes qui les passionnent, et puis j’arrête là parce que je sens que ça vous les brise autant qu’un discours d’Eva Joly. Mais clairement, l’orientation est American Workwear et Héritage.

 

Faire des meubles à l’ancienne, créer des accessoires en cuir, bois ou acier, repenser l’intérieur de votre appart, Uwe Van Afferen sait faire. Apparemment il sait aussi dessiner, puisqu’en plus d’avoir lancé The Heritage Post, il a illustré la très belle cover de ce premier numéro réussi.


Lorsque je les ai contactés la semaine dernière, ils étaient en plein bouclage du deuxième numéro qui s’annonce excellent. Alors si vous cherchez une alternative à Free&Easy dans laquelle vous ne regarderez aussi que les images, si lire GQ vous emmerde (ce qui devrait être le cas depuis longtemps) et que vous voulez voir à quel point les allemands sont en train de nous le mettre dans l’os aussi au niveau du style,  achetez un numéro directement chez eux ou chez Pike Brothers. Ben ouais les mecs faut se réveiller et regarder un peu plus loin que le les 3e et 10e arrondissement. Putain, ça y est je m’énerve, j’me casse!

Une bonne idée que cette série de portraits de mecs qui foutent les mains dans le cambouis, accompagnés de leurs tenues préférées.

 

Un chapitre très important pour moi: la bouffe. Et pas la bouffe de lopettes à base de mangue en sorbet sur un lit de soupe de potiron et sardines en allumettes à cuisiner pour faire plaisir à sa gonzesse. Non non, dans The Heritage Post, ça parle vrai casse-croûte de potes: pain de campagne, bière, fromage, charcuterie, viande, et un peu de salade pour ajouter de la couleur à la photo.

En boots, les allemands en connaissent un rayon: chaque ville assez importante a son enseigne Red Wing. Pas étonnant qu’ils nous parlent de ces boots moins connues que sont les Wolverine.

Très inspiré par Free&Easy, on y retrouve aussi de la bécane, du vélo, de la bagnole. Après tout, c’est tout ce que l’on aime à partir du moment où on a une paire de couilles.

Contrairement à ce que vous allez croire, The Heritage Post n’est absolument pas de Berlin, mais de Düsseldorf. Cette ville charmante entourée par l’atmosphère industrielle de la Ruhr. Et c’est ça que j’aime en Allemagne, l’État est fédéral à tous les niveaux. Ainsi, bien qu’on trouve 14oz. à Berlin, vous trouverez des shops encore mieux si vous vous trimbalez du côté de Münich, Cologne, Hambourg, et même du côté des petites villes telles que Brannenburg, d’où Pike Brothers officient.

Au même titre que les Japonais, les Américains ou les Anglais (non, pas les Français non), les Allemands, plus passionnés, ont compris que le style intégre l’art de vivre qui va avec. Du coup, peu de chance de voir un mec habillé années 1920 sur un vélo en carbone en train de pianoter sur son iPhone.

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Dartmouth Winter Carnival (1932-1960).

Pépé et mémé viennent squatter à la maison ce week-end? Pas de problème, GSTAG va vous donner 12 minutes de répit entre une pincette de joue par mémé et une tape (une grosse « pizza » en fait) dans la nuque de pépé. Voici en effet une vidéo issue des archives de Dartmouth sur leur fameux Winter Carnival. La création de cet évènement remonte à 1911 et n’a pas cessé depuis, à part pendant la 2de Guerre Mondiale: cela en fait la plus ancienne célébration de l’hiver aux États-Unis. A la rigueur on s’en fout, mais ce qui vous intéresse peut-être plus, c’est que Dartmouth est située à Hanover, dans le New Hampshire. Créée en 1769, elle est la plus petite des universités de l’Ivy League en nombre d’élèves, mais surtout la plus isolée. Ce dernier fait n’est pas anodin, puisque les étudiants étant restreints aux limites de l’espace et aux shops du campus, c’est là que l’Ivy Look s’est le plus développé, en toute autonomie, et l’ouvrage Take Ivy en est le témoin direct. Avantage aussi, puisqu’elle se trouve dans les montagnes du New Hampshire où la neige abonde une grosse partie de l’hiver – chose qui aide forcément pour organiser un Winter Carnival, et pour accueillir d’excellents skieurs dans ses rangs.

Dans cette vidéo qui retrace les évènements hivernaux du College de 1932 à 1960, je me suis permis de débroussailler un peu le terrain. Ainsi, vous pourrez voir se succéder: une bande d’étudiants en letterman sweater « D » (0:34), de magnifiques vestes Hudson Bay (2:26 et 6:43), un peu d’outerwear bien chaud (4:35 et 11:27), une A2 à la coupe parfaite (8:21), 4 membres du comité d’élection de la Reine de l’Hiver arborant tout ce qu’il faut comme sweater lorsque l’on est un Ivy Student (8:53) et même un journaliste avec un très beau sweater col châle (10:24). Et ceux qui aiment le sport ne seront pas déçus non plus: toboggan de luge fait maison, patinage artistique de gouines, ski sur pommes de pin (dont un salto), etc. Sans oublier le plus important comme le dit un des commentaires: « Dartmouth Winter Carnival is the social event of the year. It’s a huge party with hundred of girls! » Bon visionnage et bon week-end.

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Ivy Revolution in Japan.

Si vous n’avez pas encore feuilleté le Free&Easy d’avril 2012, dépêchez-vous d’aller chez Junku. Ce numéro s’intitule en effet « All about Rugged Trad » et même si vous ne lisez pas le japonais, vous apprendrez énormément grâce aux images – un peu comme quand votre mère vous achetait des Boule&Bill à 2 ans. Lorsque l’on parle de Trad au Japon et dans Free&Easy, impossible de ne pas parler de VAN, la marque créée par Kensuke Ishizu, l’homme qui a amené l’Ivy au Japon notamment en ayant l’idée du projet Take Ivy. Mon sectarisme extrême m’empêchant de parler sur ce blog des périodes post-60’s, il m’a aussi obligé à me concentrer sur les deux pages suivantes concernant la révolution Ivy au Japon, tout au long des 1960’s. Tout ce qu’on aime ici: des images sorties des archives exceptionnelles de VAN où chaussettes en laine blanches complètent des high-water pants, où les sweaters de laine viennent recouvrir les OCBD. Si nous Européens, nous galérons encore à chercher une définition de l’Ivy Look, les Japonais l’ont compris et assimilé il y a 50 ans…

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GSTAG dans Snatch.

Mais non, pas la peine d’aller choper le DVD de Guy Ritchie! C’est Snatch le magazine… Vous êtes cons nom de Dieu, ça fait mal à la gueule! Bref, vous connaissez tous Scott Schumann (Sartorialist), Mordechai Rubinstein (Mister Mort) ou Christian Chensvold (Ivy Style), n’est-ce pas? Mais qu’en est-il de Robin H., de Laurent L. ou encore de Marc? C’est pas parce qu’on y laisse se développer des aberrations stylistiques plus honteuses les unes que les autres que la France ne regorge pas de blogueurs qui font leur bonhomme de chemin – faut-il peut-être s’en remettre à leur côté réactionnaire, qui se fait rare actuellement. Et d’après le journaliste Olivier Tesquet, GSTAG aurait sa place auprès des Where Is The Cool, des redingote, des Hell’s Kitchen et des « ceux-qui-ont-voulu-faire-plus-long-que-moi-comme-nom-mais-qui-n’y-sont-pas-arrivés » La Toilette et ses Effets. Je dois admettre – malgré la confiance absolue que j’accorde à mon talent – que j’ai été très surpris de me retrouver parmi ces excellents blogueurs qui, pour sûr, sont très influents, et pas seulement au niveau national. Mais bon, faut croire que ma vulgarité et mon insolence ont aussi un sens dans une période où il est de plus en plus difficile de trouver son propre ton et ainsi éviter la copie. Chose que font aussi très bien les collègues interviewés. Quoiqu’il en soit, cette interview rondement menée par Mr Tesquet est l’occasion de remarquer, non sans surprise, que nous nous retrouvons tous les 5 sur pas mal de points en ce qui concerne notre point de vue sur la société contemporaine, malgré nos divergences d’intérêts stylistiques. Ce qui prouve bien que le « style » est une notion universelle. Vous avez couru pour voter, alors courez acheter ce Snatch spécial Mode parce que d’une, c’est écrit trop petit sur les captures ci-dessous, mais surtout pour avoir un peu de lecture, parce qu’on est bien reparti pour s’emmerder pendant 5 ans.

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