greensleeves to a ground

Mois : octobre, 2010

Young Kennedy.

C’est plutôt rare de voir John F. Kennedy étudiant. Il a pourtant fréquenté Princeton (à peine un mois) puis Harvard, dès 1940. En attendant de recevoir  l’excellente biographie de 1963 du Young John Kennedy, par Gene Schoor – qui permettra un article plus complet – voici déjà une belle photo de la JFK Library. Elle montre un JFK d’à peine 17 ans, gringalet dans son manteau trop grand. Il est, en 1934, dans sa dernière année de classe préparatoire à Choate Rosemary Hall, située à Wallingford, Connecticut. Il passe après son grand-frère, Joe Jr. véritable star du football de l’école et excellent étudiant. Difficile donc pour le jeune John « Jack » Kennedy de faire sa place. Ni une, ni deux le futur 35e président des États-Unis devient une véritable tête brûlée. Souvent en retard, sans son matériel, il va jusqu’à exploser une cuvette de toilette au pétard. Cet acte donnera naissance au  Muckers Club, avec ses potes rebelles, dont son ami de longue date Kirk LeMoyne « Lem » Billings. C’est l’histoire de cette simple photo. Peu après, fragile, Jack est accepté à l’hôpital de Yale puis à Mayo Clinic pour une colite. Cela ne l’empêchera pas d’être lauréat en juin 1935 après avoir été élu « Most likely to succeed », dans le Yearbook de l’année.

Les membres du Muckers Club de Choate. De gauche à droite: Ralph Horton, Lem Billings, Butch Schriber, and John F. Kennedy (1934)

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Cravates et dépendances.

Voici sur quoi vous tombez en rentrant chez moi. Ca n’a pas échappé à l’appareil jetable de ma tendre et bien-aimée Aurélie, auteur de la photo. Placé stratégiquement entre le salon, la salle de bains et la cuisine, ce mur de cravates dicte chaque jour la facon de m’habiller, les couleurs à marier, les matières à associer. C’est une véritable source d’inspiration, dès le réveil. Bon ok, j’ai encore un peu de travail avant de concurrencer la dorm room du « preppiest in the class », Maximilian Sinsteden. Des années 1950 à nos jours, du neuf et du vintage, de la soie ou de la laine, du Ralph Lauren au Barbour, en passant par le Brooks Brothers, ce n’est pas une collection fantastique, mais suffisamment riche pour donner des idées. En effet, l’association des couleurs sur une cravate est toujours parfaite. C’est pourquoi, même si vous ne mettez pas de cravate quotidiennement, vous pouvez vous servir de celles-ci comme palette de couleurs à reporter sur votre outfit du jour.


Proctor Ancient Automobile Club.

Proctor Academy est une école préparatoire située à Andover, dans le New Hampshire. Cela, juste pour signaler que sa situation est assez exceptionnelle, entre le Maine et le Vermont, entourée de forêt et de montagne, propice aux sports d’hiver. C’en est terminé pour la géographie: rien à voir avec notre sujet. On va en effet ici parler, ou plutôt regarder quelques photos d’archives de l’école, généreusement mises en ligne, manifestant d’un attrait certain des étudiants des grandes écoles pour les voitures anciennes. Take Ivy mentionne déjà cette passion pour les vieux modèles de Ford T et A, ou encore les Packard. La plupart des universités avait un Club Auto (Yale, Princeton ou encore Dartmouth pour les plus connues). En 1949, à Proctor, le prof Bud Lauridsen, son fils Pete et quelques étudiants remettent en état une Ford de 1914. Les clichés présentés ici datent de cette époque et du début des années 1950. Aujourd’hui, c’est  Pete qui dirige l’Ancient Automobile Club, toujours aux côtés de la Ford restaurée 60 ans auparavant, largement mise en avant, dès la première photo ci-dessous. Evidemment, gardez un oeil avisé sur le style des étudiants de Proctor.

GSTAG Look #5: Navy Blazer.

Dernier style « léger » avant l’hiver. Ces photos, prises par l’ami Laurent de Where Is The Cool, étaient destinées à l’interview de GSTAG sur Ivy Style. En voici les « restes ». Et je me rends compte qu’elles sont certainement les plus à l’image du blog. Le Navy Blazer à boutons dorés est indubitablement le signe le plus distinctif du style traditionnel américain. Versatile, décontracté ou chic, suivant qu’on le porte avec un pantalon madras ou un chino, avec ou sans cravate, avec des sneakers ou des loafers, … Oui, en fait ce qui fait la richesse de ce blazer, c’est tout simplement qu’il passe avec tout et qu’il vous habille le moindre gaillard qui ose l’enfiler. Aux Bermudes ou à l’école, pour une garden party ou pour aller assister à un match de Lacrosse, il continuera, au même titre que les penny loafers, de faire les riches heures du Trad. Pour être sûr d’être juste, n’oubliez jamais qu’un blazer doit arriver au moins à la moitié de vos fesses, que la fente (du blazer…) doit être centrale, et que la veste doit comporter deux boutons. Avec l’arrivée précoce de l’hiver, c’est le moment de vous en trouver un, bradé, pour le printemps prochain. Ou peut-être même pour cet automne, avec une cravate en laine

 

Navy Blazer Ralph Lauren; White Oxford Shirt; Ralph Lauren Ribbon Belt

British Khaki Pants Tommy Hilfiger; Weejuns Penny Loafers

Navy/Gold Regimental Tie Ralph Lauren

Et comme toujours, plus de photos sur le blog de Monsieur Laporte.

Les riches heures du Duc de Norfolk.

Que l’on chasse ou que l’on ne chasse pas, on a tous aujourd’hui un vêtement ou un accessoire issu de la chasse dans notre garde-robe. La faute aux marques américaines comme L.L. Bean, Pendleton ou encore Orvis. Faute dont on ne peut que se réjouir. Mais il s’agit ici de remonter encore bien plus loin dans le temps, et non pas aux Etats-Unis, mais en Angleterre. C’est en effet au Duc de Norfolk, 15e du nom, que l’on attribue la création de cette veste, taillée spécialement pour ses sorties chasse et pêche, dans les années 1860. Voici déjà l’origine du nom expliquée. Grand sportif, Henry Fitzalan-Howard de son vrai nom, a besoin d’un vêtement à la fois chaud et qui lui permette de shooter un canard dans son dos en moins de sept secondes, sans être gêné dans ses mouvements. Royaume-Uni oblige, la veste sera faite soit en tweed, soit dans une laine épaisse. Deux plis sur l’avant et une ceinture ou une demie-ceinture (ceintrant la veste au dos) en deviennent les caractéristiques principales. On le porte alors pendant longtemps avec un knickerbockers ou des breeches (pantalon court s’arrêtant en dessous du genou), et de hautes chaussettes en laine. Certaines écoles du secteur en font même leur tenue réglementaire. Pendant longtemps confinée à l’ère Edouardienne du début du XXe siècle, la veste qui laissait présager dans ses formes les costumes « homme » des années 195o fait un come-back à cette même période. On n’hésite pas alors à la porter avec un pantalon. Deux textes  font mention de ce retour improbable, puisqu’il semble essentiellement attribué aux étudiants de Princeton: l’un de Christian Chensvold, l’autre dans le numéro du 25 août 1969 de Sports Illustrated où, à l’occasion du match du centenaire entre Princeton et Rutgers, on voit dans les tribunes des Norfolk Jackets pointer le bout de leur nez, associées au style Ivy alors en vigueur. Pas étonnant donc qu’en 2010, on se remette à parler de cette veste, au point qu’Engineered Garments crée son propre modèle, extrêmement fidèle à l’original par ailleurs. Ce qui donne une réponse négative à cette question: « Doit-on être doué au ball-trapp pour porter une Norfolk Jacket? »

 

Illustration parue dans The Sartorial Art Journal (Mai 1901). A droite, parfait exemple du port de la Norfolk Jacket, avec un Knickerbocker, des chaussettes en laine et même des guêtres.

 

 

La Norfolk Jacket a été avant tout concue pour la chasse. (Illustration datant probablement des années 1940/1950, postée par Andy sur son forum)

 

 

Le retour de la Norfolk Jacket dans le Free & Easy de janvier 2010.

 

 

Engineered Garments réalise pour chacune de ses collections automne/hiver une Norfolk Jacket. Chaque détail est présent sur ce superbe modèle en tweed de 2009. (photo de Dice&Dice)

 

 

Crédits et sources photos:

FIDM Museum

Ask Andy About Clothes

Sleevehead sur Flickr

Dice&Dice