greensleeves to a ground

Mois : décembre, 2011

Les Conscrits de Charensat, 1928.

Je vais vous faire verser la larmichette avec ce post. Je vais même me la jouer « blogueuse déco » en vous racontant ma vie. En 1928, mon arrière-grand-père a 20 ans: Charles Rigaud, dit « Le Parri », abrévation et surnom que ma tante a donné à son parrain (troisième de la rangée du fond en partant de la gauche, en costume et casquette newspaper-boy), est appelé pour effectuer son service militaire avec les autres hommes de son âge dans son village de Charensat, en Auvergne. On les appelle « les conscrits ». Fils de paysan, loin, bien loin de la vie citadine, rien ne l’empêche pourtant d’être à la mode des années 1920, avec sack-suit à l’américaine, pantalons courts à revers, sportcoat cintrée et gilet assorti. A sa gauche, son père, encore très début du siècle dans le style, arbore un costume noir et une chemise à faux-col. C’est en allant hier fouiller dans la penderie de mon arrière-grand-père que j’ai récupéré cette photo. Sa fille, ma grand-mère donc (essayez de suivre un peu), m’a aidé à faire une petite sélection dans ses vêtements, essentiellement années 1940 et 1950: bleu de travail en moleskine avec une superbe usure, des pantalons fishtail, un costume croisé gris rayé, une pullover shirt, deux blazers en gros velours marron, un pardessus gris « Comtal ». Le seul problème, « Le Parri » faisait 1,60m, je fais 1,85m… Pendant que je fouillais, ma grand-mère me racontait comment le laitier venait livrer sur sa voiture, ouverte aux quatre vents, armé d’une car-coat en cuir, d’une casquette et des fameuses lunettes de pilote. Et c’est là que l’on ressent cette étrange sensation: la nostalgie d’un temps que l’on n’a pas connu (je vous avais dit qu’il y aurait de l’émotion).

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Christmas Shopping (1962).

Avant de vous laisser pour les vacances, je voulais vous faire partager cet album qui ne fera pas canoniser Kim-Jong-Ill, mais qui vaut tout de même le détour. En pleine période de Noel, les achats vont bon train! (il faut savoir être perspicace parfois). Certains ont déjà acheté les cadeaux depuis deux mois au moins (quelle connerie), d’autres n’ont même pas encore d’idée, ni même pour leur mère ou leur meuf, et c’est mon cas. Une, pour ma mère j’improvise au dernier moment. Deux, j’ai pas de meuf. Mais n’allez pas croire que cette folie des cadeaux de Noel est nouvelle: aller se péter le dos à piétiner six heures d’affilées dans les étages d’un grand magasin, faire la queue pendant une heure et demie en se marrant avec les autres cons pour le paquet cadeau du stylo de son père et gueuler après sur le périph parce qu’il y a 10 minutes de bouchon. Je crois qu’on n’a jamais aussi peu fait les magasins que pendant Noel. Et croyez-moi, je ferai partie des abrutis qui iront le dernier jour chez Lafayette Maison pour choper du thé pour ma grand-mère. De toute façon, je n’ai jamais été bon à ça, et le fait de ne plus avoir un seul rond à cette période de l’année m’a permis de continuer sur cette voie. Mais revenons à nos moutons, ce serait dommage que mon dernier article ne se transforme en une confession, alors que tout le monde croit qu’un blogger a une vie de rêve. C’est faux, même Scott Schuman mange des cacahuètes à l’apéro! Bref, en 1962, un photographe nommé Yale Joel se ballade dans les immenses rayons du Saks Fifth Avenue de New-York et décide de photographier la riche clientèle qui y fait ses achats de Noel (arrêtez de me faire chier avec le tréma de Noel, je ne sais pas le faire avec mon clavier allemand). Saks Fifth Avenue, c’est une institution aux États-Unis, comme le Bon Marché à Paris, comme la galerie marchande Auchan à Moulins. Alors, je vous l’accorde, les photos ne sont pas les plus belles parues dans le magazine LIFE, mais l’idée de ce reportage a permis à son auteur de se retrouver 50 ans plus tard sur l’équivalent contemporain de LIFE: mon blog… Alors Yale, voici ton cadeau de Noel, un grand merci pour me laisser le partager avec mes lecteurs.

Adam Gimbel, le patron de Saks Fifth Avenue en 1962.

Tiens, en parlant de cadeau à la con... On en avait aussi chez Saks en 1962.

Joyeux achats à la con, et joyeux Noel à tous!

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Cerdan et son héritage.

En complément du post concernant les boxeurs de la Grande Dépression aux États-Unis, voici une superbe série de photos qui m’a cordialement été offerte par Nicolas Cerdan, qui semble bien être de la famille du grand Marcel (ne me remerciez pas pour ma perspicacité). Nicolas s’occupe de la marque Cerdan Heritage qui, bien qu’elle ne soit pas 100% à mon goût a le mérite d’exister et de survivre. Ce ne serait d’ailleurs pas la seule marque qui soit méritante malgré une collection un peu trop modernisée et qui pourtant dispose d’archives et d’une culture indiscutables: regardez Franklin & Marshall, qui dispose de toute la librairie de l’école du même pour créer sa ligne de vêtements et qui propose les pièces « historiques » seulement aux marchés Italiens et Japonais. Après tout, il faut bien pouvoir vendre et vivre de ses produits. Marcel Cerdan avait lui-même lancé sa ligne de vêtements sportswear en 1948. Grâce à cette marque remise au goût du jour (trop?), les archives du meilleur boxeur français de tous les temps perdurent et offrent une source d’inspiration inépuisable à la marque. Que le potentiel de l’univers 1930’s et 1940’s de Cerdan et Piaf ne soit pas utilisé à fond pour la création des vêtements est un sujet dont j’aurai le plaisir de discuter en rencontrant directement Nicolas (que je remercie encore pour ses archives familiales inédites). Mais cela ne vous empêche en rien de profiter de ses somptueuses photos, un peu comme si vous étiez un pote de Marcel.

Cerdan (à gauche du tireur) à la Celle-St-Cloud en 1938. Il s'offre ici une petite séance de boules au camp d'entraînement sportif du Père Ruinard, ancien cycliste devenu manager sportif et à l'origine de ce centre destiné à former les équipes olympiques et nationales durant près d'un demi-siècle. © Cerdan Heritage

Même date, même endroit. Marcel tire. Comme le veulent les années 30 qui succèdent aux coupes étroites qui ont fait les riches heures de l'époque victorienne et des années folles, le bas et large et confortable, le haut est étroit. C'est une silhouette très masculine. Vous aurez noté les plus-fours, portés également sans chaussettes hautes (à gauche sur la photo). À droite de Cerdan, il y a un gilet croisé sans-manche que je serais ravi de voir dans l'une des prochaines collections de la marque. © Cerdan Heritage

Toujours en 1938, Marcel Cerdan profite d'une pause café après cette dure séance de pétanque. On voit bien l'extrême largeur des pantalons. © Cerdan Heritage

Costume croisé à rayure très cintré sur les marches du Sacré-Coeur. J'adore la croix type "écossaise" sur sa cravate. Montmartre, 1940. © Cerdan Heritage

Encore le même costume, croisé, parfait pour les hommes à la carure forte. Visiblement, Cerdan l'a compris. © Cerdan Heritage

Cerdan porte ici un superbe blouson en maille avec le col de chemise qui passe par-dessus. C'est très 1940s. © Cerdan Heritage

Marcel Cerdan lors de son service dans la Marine Nationale. 1942. © Cerdan Heritage

Léon Mathot et Marcel Cerdan sur le tournage de "L'Homme aux mains d'argile". Mathot s'est distingué à la réalisation en tournant ce fim qui se veut être une biographie du boxeur. © Cerdan Heritage

Marcel Cerdan est un passionné de foot et ne cessera de jouer toute sa vie. Collège National d'Antibes, 1941. © Cerdan Heritage

Cerdan à New-York en 1946. © Cerdan Heritage

En 1948, un an avant sa mort, Cerdan lance sa griffe avec son équipementier de l'époque. © Cerdan Heritage

Que serait Cerdan sans Piaf? Et que serait Piaf sans Cerdan? Ils ont formé ensemble l'un des premiers couples mythiques français du XXe siècle. Ici, le soir du Championnat du Monde poids-moyens, dont il sort vainqueur face à Tony Zale. 1948. © Cerdan Heritage

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Todd Seminary for Boys: l’école d’Orson Welles.

J’ai pas mal écrit lors des quelques derniers articles, alors cette fois je vais la faire courte. Todd est une école située à Woodstock, Illinois (rien, mais alors rien à voir avec le Woodstock de 69 situé dans l’état de New-York) et fondée par le révérend Richard K. Todd au milieu du XIXe siècle. Jusque-là, rien de très original, jusqu’à ce qu’un jeune garçon de 11 ans motivé pointe le bout de son nez en 1926: un certain Orson Welles. Membre actif des Todd Troupers, la troupe ambulante locale d’art dramatique, c’est dans cette école qu’il fait ses premiers pas dans le théâtre et ce jusqu’à sa 16e année. Talentueux, il sera accepté à Harvard après avoir gradué Todd, mais le bonhommme préférant voyager, il s’est permis de refuser d’aller dans l’une des plus grandes écoles américaines. Pourquoi pas? Vu l’homme qu’il est devenu, on ne peut pas tellement lui en vouloir. Voici quelques clichés de (peut-être) certains de ses camarades et une photo sur laquelle il n’est pas clairement identifié, mais où chacun qui a vu Citizen Kane ou Le Troisième Homme reconnaîtra celui que j’appelais « ma poule » quand on allait prendre un café ensemble. Orson, si tu nous regardes…

L'équipe de football US de Todd, au début des années 1920.

L'équipe de basketball de Todd, en 1922. Notez les Converse aux pieds des jeunes joueurs.

Quelques membres du personnel de Todd, en 1930.

Bon ben là, on prend ça dans la tronche. 1930s.

La tenue standard d'un collégien de l'époque est tout de même d'un sacré niveau. Devant le Grace Hall, 1930s.

4 étudiants, 4 styles différents. Je ne sais pas à quoi étaient destinés ces découpages de photos, mais c'est parfait pour comparer les tenues 1930s de chacun.

Une scène de vie quotidienne à Todd dans les 1930s. L'école avait aussi ses letterman sweaters.

Et le voilà le fameux Orson Welles dit "Ma Poule"! Je pense qu'il faut être con pour pas le reconnaître, avec tout le respect que je dois à mes lecteurs. Sur cette photo, il doit avoir 15 ou 16 ans.

Le coach Roskie avec deux de ses joueurs dans les années 1940.

Bill Davis s'envole vers la victoire du 400m (super phrase, mais je sais pas qui est Bill Davis). 1940s.

 

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