The Jokers, 1959.

par greensleevestoaground

À l’occasion de son Summer Of Rebels, Arte nous a fait la grâce de diffuser un petit bijou de Coppola: The Outsiders. Tourné en 1982 avec un casting de jeunes qui allaient percer (Dillon, Swayze et un ultra-teen Cruise), le film est basé sur la nouvelle du même nom de S.E. Hinton que je recommande aussi vivement. L’intérêt du film dans cette histoire qui se déroule à Tulsa, Oklahoma en 1966, réside dans le fait qu’il reproduit  les frasques de l’affrontement entre les « scolarisés » (les preppy, appelés « Socs » dans le film) et la jeunesse rebelle et désabusée (les Greasers) de manière très fidèle à ce qui s’est passé à cette époque dans la société américaine. C’était pour moi l’occasion de ressortir ce travail de Bruce Davidson sur un gang de Brooklyn, qui se fait appeler The Jokers, réalisé en 1959. À l’époque où les punks commencent à se manifester en Angleterre, les Converse noires déchirées, les chinos trouvés dans les destockages d’après-guerre, les t-shirts à manches retroussées et les coupes « pompadour » imprègnent la culture des classes américaines les moins aisées. Difficulté de l’accès aux universités, découverte de la culture rock et rebelle, folle de belles mécaniques, le monde gentillet des 1950’s ennuie ses gosses et l’idée de se retrouver en bandes, de se tatouer, de s’habiller de la même manière leur apparaît comme un moyen de se foutre des autorités en tout genre et d’oublier qu’ils n’ont pas d’avenir. En veulent-ils seulement un? Après tout, flâner dans les rues, se chamailler, aller à la plage et ramener des filles semble suffire à leur bonheur. Alors oubliez les 1950’s rose bonbon d’Edward aux Mains d’Argent: ce qu’a photographié Davidson il y a 50 ans n’est pas du cinéma (le tout sur une petite bande-son de circonstances de l’ami Dirty Beaches).

Merci à Retronaut pour avoir posté l’intégralité de cette série de photographies.

GSTAG now on Facebook !