Dear Readers, dear Friends…

par greensleevestoaground

Cela va faire 2 semaines que nous nous sommes vus pour la dernière fois. C’est long, très long, trop long peut-être pour ceux qui ont faim de style, soif de phrases à rallonges, envie de lire des propos insolents. Trop long aussi pour vous témoigner tout le respect que je dois à votre fidélité qui ne cesse de me faire tomber de ma chaise, du moins lorsque je suis sur une chaise: 400 lecteurs hier alors qu’il n’y a aucun nouvel article à l’horizon. Il faut peut-être que vous sachiez que je n’ai pas seulement une vie de blogger qui pourrait se contenter d’un ordi portable, d’une table basse en verre agrémentée de magazines de décoration intérieure et d’une pause toutes les deux heures pour regarder une scène de gonzo. D’ailleurs je me suis toujours demandé comment les autres faisaient pour poster aussi régulièrement leur dégueulis de tendances et d’influences. Après une mûre réflexion de 42 secondes, j’ai trouvé trois réponses à cette question existentielle – si l’on peut réduire l’existence au temps de rédaction de cet article. La première réponse consiste à être étudiant: t’en branles pas une, t’as pas un rond pour sortir et t’en chies pour trouver une meuf. C’est le portrait idéal du blogger régulier qui a du temps combiné à une vie de merde, comme les grands écrivains dans le temps (cf. Fitzgerald), et qui n’hésitera pas à pourrir son mur Facebook de private jokes et de photos de profil de participants à Koh-Lanta, croyant ainsi avoir un ticket d’entrée au Jamel Comedy Club. Bien loin de moi cette idée de citer des noms, mais sachez que j’ai un ami comme cela, plus connu sous le nom de Neo Retro. La seconde possibilité pour poster comme un âne, c’est de faire de blogger un métier. Mais sachant que 70% des gens qui ont internet ont un blog ou un groupe Facebook ou quelque autre merde virtuelle que ce soit (comme un compte Twitter ou un profil Doctissimo), c’est ridicule. C’est comme si 70% de la population française voulait tout à coup devenir caissière Auchan. Ben ouais, elles pourront toujours tenir une caisse, à défaut de se la mettre, mais certaines feront ça avec des billets du Monopoly. C’est ce que font les pionniers, qui ont les premiers posés le pied dans la toile et qui, quelque part, ont aussi une vie peu excitante. Pourquoi? Parce qu’il faut sacrément se faire chier pour accepter d’avoir une bannière The Kooples qui clignote à côté de ton article génial sur l’histoire du Harris Tweed. Bon là, j’en connais pas, mais mes amis de redingote n’en sont pas loin. Enfin, la troisième solution, la plus simple, celle du lâche, est de ne poster que des photos avec une phrase qui explique aux cons ce qu’il y a sur la photo, te faisant clairement comprendre que ce qui est cool c’est la casquette Supreme et que si t’aimes le reste, tu vas te faire foutre. Souvent, ces gens-là ont plusieurs blogs, dont certains où ils vendent leurs trouvailles des puces dernièrement logotées « Attention objet Cool! » et se prennent pour des chasseurs de tendance, aspirant à une chronique régulière sur NRJ 12. Là encore je n’ai pas de nom, mais vous connaissez très bien mon ami de Where Is The Cool? Et puis il y a moi, blogger occasionnel et pas de métier puisque j’estime que faire de la publicité mon métier, justement, était déjà un assez gros foutage de gueule vis-à-vis de mes parents. Alors voilà le topo me concernant: j’utilise GSTAG pour étaler ma culture, mon arrogance et mon insolence, comme le mec insupportable qui cherche à monopoliser la conversation au restaurant, ainsi que pour que les marques dont je parle me filent des vêtements gratos; j’utilise The Haunted Ballroom par lâcheté pour pas m’emmerder à écrire une histoire pour chaque photo que je pique grâcieusement et reposte sans citer de source; j’utilise The Morning Slap pour montrer que je ne suis pas seulement un précurseur en style mais aussi en musique.

Alors, le plus enfoiré des bloggers vous dit à bientôt et remercie ses amis cités précédemment pour l’inspiration qu’ils m’offrent tous les jours, eux! Promis, dès que j’ai fini d’écrire mon bouquin réactionnaire sur le bilan de Sarkozy, je reviendrai poster des articles de mon studio du 3e arrondissement, là où les oiseaux chantent, où le soleil brille et où J.-F. et ses Sperry en peau de chamois conseillent Moonrise Kingdom à ses copains en Wayfarer autour d’une bière à 8€.

Je vous aime, vous me manquez, restez fidèles, je serai vite de retour.

Ernest.