Un peu d’air à Hollywood.

par greensleevestoaground

C’est grâce au post d’un confrère que j’ai redécouvert (découvert pour certaines d’entre elles) les photos de la série Jumpology, par Philippe Halsman. Né en 1906 à Riga en Lettonie dans une famille juive (à ce stade-là, on s’en fout, mais ça amène ma prochaine vanne), il étudie l’ingénieurie électrique à Dresde. Plutôt doué, il se retrouve dans une belle merde lorsqu’il est subitement accusé du meurtre de son père, Morduch, lors d’une randonnée dans les Alpes autrichiennes. On ne comprend toujours pas pourquoi son père est mort de graves blessures lors de cette excursion, mais toujours est-il que le Philippe de 22 ans se retrouve en tôle pour 4 ans. Soutenu par Einstein et Mann, il est libéré à condition de quitter l’Autriche pour ne plus jamais y revenir; ce qui finalement ne le pénalise pas trop puisqu’en 1928, les Juifs ne sont pas spécialement les mieux accueillis dans les offices de tourismes autrichiennes…

Halsman et Monroe. 1954.

Quoiqu’il en soit, grâce (ou plutôt à cause de) à cette histoire qu’il se retrouve à shooter pour Vogue en France et commence sa carrière de photographe. Installé à Marseille, il la quitte lorsque la France est envahie et s’envole pour les U.S., auprès de l’ami de la famille, Albert Einstein, dont il livrera l’un des portraits les plus connus en 1947. En 1941, il recontre le surréaliste Dali et en 1948, sa photo Dali Atomicus, où l’on voit de l’eau, des chats et Dali en suspension, vont lui donner l’idée de la série Jump, qu’il commence pour le compte de NBC en 1951 en shootant la famille Ford. Ce qui fait que ces photos sont des portraits uniques, c’est ce que dit le photographe à leur sujet: « Lorsque vous demandez à une personne de sauter, son attention se concentre sur le saut et le masque tombe pour laisser apparaître sa vraie personnalité. » Les photos suivantes en sont extraites et nous permettent une petite plongée dans le style des 1950’s et 1960’s, alors qu’Halsman quitte ce monde en 1979 et reste à ce jour le seul à avoir shooté 101 couvertures pour LIFE. Finalement, s’il a vraiment buté son père, ça valait plutôt le coup.

Cinq chorégraphes. 1951.

Audrey Hepburn. 1955.

L'écrivain anglais Aldous Huxley. 1958.

Notre Brigitte nationale à 17 ans à peine. 1951.

Le clarinettiste de jazz Benny Goodman, l'année où il entre dans le Down Beat Jazz Hall of Fame. 1957.

Dick Clark, créateur et présentateur de l'émission musicale à succès cette même année: American Bandstand. Et également heureux porteur de loafers absolument exquises. 1952.

Diana Dors, l'actrice bimbo anglaise à l'affiche de Yield To The Night cette année-là. 1956.

L'acteur, chanteur et danseur Danny Kaye, qui présenta les Oscars deux ans avant cette photo. 1954.

La superbe Princesse de Monaco, Grace Kelly, à 30 ans. 1959.

L'énorme (au figuré) comédien Jackie Gleason, peut-être après son passage dans Watch My Line cette même année. 1955.

Vous ne connaissez pas Janet Leigh? C'est celle qui prêtera son visage à Marion Crane, cette fille horrifiée dans la fameuse scène de la douche de Psycho, neuf ans plus tard. 1951.

Le duo Dean Martin et Jerry Lewis à leurs débuts mais dont la carrière s'envole véritablement à cette époque, notamment grâce au film At War With The Army. 1951.

L'impeccable et très avant-gardiste style Ivy du journaliste new-yorkais Murray Kempton, qui sera couronné à la fin de sa carrière par un Prix Pulitzer mérité. 1956.

Succulente et opulente Marilyn Monroe un an, à peine, après Certains L'Aiment Chaud. 1959.

Richard Nixon, en sack-suit, alors vice-président des États-Unis d'Eisenhower. 1955.

Cet ancien de Harvard et Cambridge a déjà atteint les sommets de la physique et inconsciemment, de l'horreur en créant la bombe atomique. Robert Oppenheimer en 1958.

"Popcorn Nude", avec Salvador Dali. 1949.

Phil Silvers en tassel loafers, surnommé The King of Chutzpah (audace, en Yiddish), animateur à succès du Phil Silvers Show sur CBS. 1955.

Même si la beauté de son visage ne transparaît pas sur cette photo (qu'est-ce que t'as foutu Philippe?!), on adore quand même Sophia Loren. À l'affiche d'Une Espèce de Garce en 1959.

Edward Steinchen, photographe, artiste, et organisateur de la mythique expo photo The Family Of Man au MoMA cette même année. 1955.

L'animateur télé devenu journaliste, Mike Wallace, lui aussi très ivy (visiblement les journalistes étaient les hommes de l'avant-garde ivy look à l'époque: ça a bien changé...). 1957.

Arthur Fellig, plus connu sous son pseudo Weegee, photoreporter reconnu pour ses magnifiques et parfois dures photos de scènes du quotidien. Pour la petite histoire, il expérimentera, 3 ans après cette photo, le film 16 mm sur le tournage du Dr. Folamour de Kubrick. Peter Sellers s'inspirera de son accent ukrainien pour jouer Strangelove. 1961.

Et pour finir, ma préférée: Edouard VIII et Wallis Simpson, duc et duchesse de Windsor. 1956.

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