Relax au Kenyon College.

par greensleevestoaground

Une fois de plus, une école met en ligne ses archives et ce, pour le plus grand plaisir de GSTAG et de son administrateur. Cette fois, c’est Kenyon, un College privé somptueux situé à Gambier, Ohio qui n’a rien à envier aux écoles de l’Ivy League. Le cadre est parfait pour y étudier et pour s’y détendre. Et c’est à cette dernière mission que je veux vous inviter cette fois: la relaxation (ce sera le thème, parce qu’il n’y a pas de raison que vous croyiez que je me contente simplement de prendre des images sur un site et de les rebalancer sur un autre). L’éducation américaine et ses étudiants semblent considérer les pauses et les moments de relaxation presque comme des cours à part entière: des cours de vie en société, de fraternité, tout en révisant ou en pratiquant un sport. C’est une grande force que l’on retrouve assez peu chez nous, nous qui sommes habitués à courir de classe en classe dans des couloirs qui n’ont rien à envier à ceux d’un sanatorium d’entre-deux guerres, nous qui sommes habitués à faire la queue au self entre un terrain de basket délabré et le seul arbre de la cour, nous qui sommes habitués à être heureux de rentrer chez nous après huit heures de cours non-stop et 35 minutes de métro pour nous asseoir devant une série policière et ne plus en décrocher jusqu’aux bras de Morphée. Et pour quels résultats? Sommes-nous plus intelligents que ceux qui ont connus cette forme là d’éducation scolaire? Avons-nous vraiment été heureux d’être à l’école comme semblent l’être ses étudiants de Kenyon? Sommes-nous plus aptes, nous Français, hypocrites parmi les hypocrites, à vivre en société et à jouir de l’apport culturel et intellectuel d’un groupe d’amis? Nos grandes écoles, d’où sortent ceux qui réforment justement l’éducation de nos jeunes Français, sont-ils eux mêmes aptes à montrer quelque exemple que ce soit? Du haut de leur morale vieillissante, ils écrivent des « Indignez-vous »(« avec une canne et un dentier » en est le sous-titre) généreusement lus par une jeunesse encore admirative de mai 1968 – révolution inutile de jeunes péteux bourgeois en mal de rébellion. Une jeunesse feignant d’ignorer que l’auteur de ce pseudo-pamphlet qui donne sa vision du monde d’aujourd’hui et appelle à l’indignation, n’est même plus foutu de voir ses chaussures lorsqu’ils les enfilent le matin. Bien loin de moi l’idée de manquer de respect à Stéphane Hessel – que j’admire – mais c’est le vent produit par une caste intellectuelle bien-pensante et malheureusement fédératrice autour de son livre qui, moi, m’indigne véritablement. On ne va pas y passer des heures, il a déjà eu assez de promotion comme ça! L’éducation scolaire (et parentale), est la base de tout, de toute société, de tout individu.  Et ne pas la remettre régulièrement en question lorsqu’elle est victime d’un dysfonctionnement évident, c’est reconnaître notre conservatisme, notre chauvinisme et notre manque d’ouverture d’esprit par-dessus tout! Alors, après vous avoir énervé (ou fait plaisir), prenez un peu de temps avec ces étudiants du Kenyon College pour vous relaxer, au petit-déjeuner, devant un journal, après un match de Lacrosse, ou au beau milieu d’un parc, et réfléchissez à ce que notre génération va bien pouvoir raconter avec fierté aux suivants. Pas grand-chose, je le crains, et nous le craignons presque tous. Encore faut-il aimer son temps pour espérer en être nostalgique un jour…

Et même si je n’ai demandé aucune autorisation, je remercie grâcieusement le Kenyon College pour ces splendides photos, ainsi que toutes les autres que vous pourrez retrouver sur Flickr.

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