greensleeves to a ground

GSTAG au Viêtnam.

Da Lat, Hanoi, Saigon, la baie d’Halong, Hoi An… Pour certains, ça sonne comme un nom de restaurant perdu entre le quartier des putes et la gare. Pour d’autres qui connaissent ce fabuleux pays qu’est le Viêtnam, cela sonne comme des lieux incontournables à voir au moins une fois dans sa vie. Pour ma première excursion en Asie, ce pays chargé d’histoire ne pouvait que m’intéresser: lui qui a connu la prospérité de l’Indochine française dans les années 20, l’injuste Vietnam War des américains dans les 1960′s, et finalement une indépendance méritée au prix du communisme encore omniprésent dans l’architecture des rues étroites de Hanoi. Il y a comme ça des pays qui fondent leur richesse sur leur souffrance et leurs malheurs, et c’est ce qui m’attire: voir que l’Homme peut parfois arrêter de se plaindre et se sortir les doigts du cul (enfin là je parle surtout du Français, plus que de l’Homme). Alors je vais vous foutre la paix pour une bonne grosse quinzaine de jours, je vais aller voir s’ils sont aussi sympas que quand ils m’accueillent dans leurs restos pour la pause-déj, si ça sent encore le napalm et aller me bourrer le bide avec l’une des meilleurs cultures culinaires du monde. Et puis quand je vois ces photos de famille des années 1930/1940, où le style s’adapte au climat tropical par des matières légères, je peux pas me dire que les Viêts ne sont bons qu’à faire des nems. Ciao!

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Menlo School de 1961 à 1968.

L’été est là, les jambes des filles se dévoilent pour laisser apparaître le moindre petit poil mal rasé, les lunettes de soleil viennent cacher le regard du plus pervers d’entre nous (pas la peine de chercher, c’est moi), les cabriolets viennent faire flotter le foulard en soie de la femme qui aura la bonne idée d’en mettre un. Plus besoin de faire des superpositions à n’en plus pouvoir, plus besoin de mettre de chaussettes hautes, plus besoin de se plaindre et de renifler le matin lorsqu’on arrive au bureau. Les t-shirts blancs, les chinos beiges, les chemises madras reprennent toute la place qui leur est dûe. On retrousse enfin ses manches, non pas pour bosser mais pour flâner et aller jouir d’une bière et d’une merguez grillée dans un parc où l’herbe humide il y a quelques jours encore se réjouira de sécher en un éclair au contact des fessiers des jolies filles. Ce que nous connaissons seulement trois mois par an, les étudiants de Menlo (faites gaffe à la photo d’accueil, ça t’ébourifferait un  rockab’) le connaisse toute l’année. Cette école située à Atherton, Californie (tout près de la Silicon Valley qui n’existait alors pas encore) respire le souffle chaud des après-midi mélodieux de Vence. Fondée en 1915, elle intègre une prep school dès 1927: elle n’est pas particulièrement prestigieuse, ses équipes de sports non plus. Et pourtant l’Ivy look y a bien débarqué dans les années 1960, déterminé qu’il est à tous nous convaincre de sa simplicité et de sa décontraction. Grâce à ces photos que l’école a mise en ligne sur son Flickr, GSTAG vous prouve une fois encore à quel point ce style est intemporel. Enfin un retour dans les 1960′s, raffraichissant et même avec un peu de couleurs. Non, pas de 3D encore: ça vous évitera d’avoir les yeux qui saignent.

L’emblème de l’école, avec le Manlo Tree et cette citation latine pour faire genre "In robore et pulchritudine". Démerdez-vous pour la traduction, mais vous pourrez retrouver le blason in situ dans la photo ci-dessous.

Une troupe de lauréats de Menlo dans les 1960′s avec leurs blazers fournis par l’école.

Ned Spieker et John Deal dans la salle d’études, 1961.

"Remets ta cravate correctement, branleur!" La rentrée scolaire de 1961.

On fait des blagues pourries et on montre ses loafers sur le balcon du bâtiment principal de Menlo, 1961.

Petit tour aux vestiaires avec une jolie paire de Chuck basses, 1962.

Le "Oak Leaves" (devenu "Oak Leaf" depuis, peut-être parce qu’ils n’ont plus de poignon pour imprimer plusieurs feuilles) est le journal de Menlo School et surtout une source incroyable de photos de scènes de campus. Ici, un numéro de 1962.

Les étudiants Jarrott et O’Brien qui parlent de meufs, 1963.

"Hey Blondin, tu m’prêtes ta bécane? -Va te faire foutre, c’est mon coiffeur qui s’est foiré." La couverture du journal Oak Leaves de 1963. D’ailleurs le méchant qui se fout de l’albinos, il a une putain de pull-over shirt!

Desert boots et loafers devant le Douglass Hall, 1965.

Johnston, Miller et Thomas en 1966. Je fais comme si je les connaissais, ça fait plus sérieux.

Jackson et Mock de corvée pour l’affichage peu avant un match de leur équipe de footbal US. 1966.

15 octobre 1966. On sort les cheerleaders et on accueille son équipe victorieuse. Je sais pas pourquoi je m’emmerde à faire un blog, puisque sur cette photo on a absolument tout ce qu’il faut savoir sur l’Ivy look.

Ben ouais, nous avec notre bac, on pouvait prétendre à une Twingo ou une Smart. En 1967, on pouvait espérer se taper une Pontiac Firebird. Je pense que la vraie classe commence quand tu sors en navy blazer/loafers/chaussettes blanches de ta Firebird.

On a ici un meilleur aperçu des cardigans de cheerleaders de Menlo. 1968.

Menlo a été au tout début une école militaire, cela explique que certains lieux sur le campus étaient très moches. Vue "aérienne" des salles de cours, 1968.

Ca aurait été dommage de ne pas finir sur une belle photo de groupe. Ici, le Social Committee. D’ailleurs, en 1968 comme en 2012, Ivy look ou pas, sur une photo d’école en groupe, t’as une tête de con. C’est imparable.

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Raquette en bois, gazon et clope: la légende de Bill Tilden.

Homosexuel qui pratique un sport plutôt réservé à la gent féminine, grand et frêle (1,88m pour 70 kilos), aucune relation sexuelle avant sa quarantaine, c’est le profil idéal pour en chier socialement dans la première moitié du XXe siècle. N’y voyez aucune homophobie, mais le contexte dans lequel il évoluait l’était lui bien au-delà de ce que l’on puisse imaginer, notamment lorsque l’on sait que les relations homosexuelles sont illégales à cette époque. Pourtant, c’est bien avec cette personnalité que William "Bill" Tilden est devenu l’un des plus grands tennismen de tous les temps: sept victoires à l’US Open entre 1920 et 1929, 3 victoires à Wimbledon (1920, 1921 et 1930) et j’en passe, dont une domination incroyable sur la Coupe Davis, alors compétiton la plus importante. En tout, ce sont 115 titres amateurs et 15 titres en professionnel: plus que Federer et Nadal réunis… Eh oui, avant 1927, les tournois du Grand Chelem (Australie, US Open, Roland Garros, Wimbledon) sont uniquement accessibles aux amateurs. Ce qui n’enlève rien au talent de Tilden qui avait affaire à de grands joueurs tels que Ellsworth Vines, Don Budge, William Johnston, René Lacoste… C’est d’ailleurs ce dernier qui met fin à la domination américaine sur la Coupe Davis avec ses Quatre Mousquetaires (Brugon, Cochet, Borotra, Lacoste) et qui vient perturber Big Bill à Wimbledon (vainqueur en 1925 et 1928) ainsi qu’à l’US Open (1925, 1927, 1929). Comme Federer, Tilden est maudit à Roland Garros où il atteint la finale sans jamais gagner (sauf le tournoi pro, mais qui ne fait pas partie du Grand Chelem, mais du Pro Chelem). A croire que la terre battue parisienne ne plaît pas aux joueurs "intelligents": car hormis son service "boulet de canon" qui lui permet d’enchaîner les aces (fait rare à une époque où les joueurs de tennis ressemblent à des ballerines s’envoyant la balle), Bill est connu pour avoir une stratégie et une vision de jeu exceptionnelles, capable de s’adapter aux styles de ses adversaires. Dans cette période de l’année 2012 où le gratin du tennis mondial fait une tournée des courts européens (Roland Garros, Queen’s, Halle, Wimbledon), GSTAG rend hommage à ce joueur dont le talent a été effacé par les Laver, Borg, Lendl, Sampras, Federer, Djokovic de l’Ère Open. Ces photos extraites de la Boston Public Library et du Rego Forest Preservation Council montrent un Tilden réservé, souriant et fumeur qui impose toute sa prestance et son style dès qu’il entre sur le terrain. Pas étonnant que, auprès de Babe Ruth (baseball), Howie Morenz (hockey), Red Grange (football), Bobby Jones (golf) et Jack Dempsey (boxe), il est considéré comme le plus grand sportif du "Golden Age of Sport."

William Tatem Tilden II est né le 10 février 1893. Diplômé de Peirce College à Philadelphie, il commence en parallèle sa carrière amateur en 1912. Ici, il est pris autour des terrains de Longwood, Massachussets, où il jouera et entraînera pendant une très grande partie de sa carrière (1931).

Tilden est une véritble star. C’est l’une des premières fois dans l’Histoire du sport que l’on fait la queue et paie pour venir voir un jouer un sportif. Au-delà d’avoir fait évoluer le tennis, Tilden l’a aussi rendu extrêmement populaire.

Tilden pose avec ses raquettes en 1934 à Longwood. Il avait beau être grand et maigre, croyez-moi, avec une raquette en bois et un tamis si petit, il en faut dans le bras pour envoyer une praline: chose qu’il faisait régulièrement au point de s’être fait amputer d’une phalange infectée.

On dit de Bill qu’il était très efféminé et qu’il le devint de plus en plus avec le temps. Ici en 1934, dans son costume chalkstripe, il n’a rien d’une allure de gonzesse.

Sacrée troupe en 1930 sur un court de Longwood. Avec son 1,88m, Tilden ne passe pas inaperçu. Tenue de tennis couleurs crème et blanc sont de rigueur sur les cours, tandis que les spectateurs (d’où le nom donné au "spectator style" et "spectator shoes" dont le garçon à droite porte un très bel exemple) affichent boaters et trois-pièces légers.

Tilden et le tchèque Karel Kozeluh prêts à s’affronter sur le gazon de Longwood (1931). Pour information, Kozeluh était aussi un joueur de hockey et de football de très haut niveau.

Habile, puissant et stratégique le tennis de Tilden a eu une influence sur tous les joueurs qui suivirent, de Budge à Von Cramm. Le tennis se jouait jusqu’alors comme on joue à la belotte: un loisir comme un autre. Après Tilden, cela devient un véritable sport physique.

Partenaires de double en Coupe Davis, Bill Tilden et Francis Hunter sont avant tout de très bons amis (1930).

Les deux stars de l’équipe américaine de Coupe Davis, tournoi de tennis le plus prestigieux de l’époque, Tilden et Hunter signent des autographes. De 1920 à 1926, les États-Unis les remportent toutes jusqu’à ce que nos 4 Mousquetaires prennent le relais de 1927 à 1932.

Tilden et Hunter à Chestnut Hill, 1928.

Bill et Francis en compagnie de la charmante (mais moche) joueuse anglaise Betty Nuthall, de passage à Longwood, l’année où elle emporte l’US Open (1930).

Bill et la joueuse norvégienne, naturalisée américaine, Molla Mallory. Chestnut Hill, 1929.

Bill Tilden, la toute jeune Sarah Palfrey et son petit frère John en 1931. Sarah emportera l’US Open en 1941 et 1945 en simple, ainsi que Wimbledon et Roland Garros en double.

Longwood, 1931 (de g. à dr.): Tilden, son protégé Vincent "Vinnie" RIchards, Kolezuh et Hunter. En voilà un bel exemple de tenues de sport!

1937. Tilden (au fond) en plein match au Forest Hills Stadium, magnifique amphithéâtre qui accueillera l’US Open de 1915 à 1977. Le n°1 mondial des années 20 gagnera ici de 1920 à 1925, ainsi qu’en 1929, 1931 et 1935. Record inégalé jusqu’à présent.

Regarder jouer "Big Bill" est mieux que d’aller chez Disney (ben ouais, ça n’existe pas encore à l’époque). Les vraies idôles des jeunes des années 20 et 30 sont les sportifs, dont Tilden est le plus éminent représentant (au passage, notez la veste cintrée à plis du garçon à droite).

Le plus grand joueur de tous les temps, Bill Tilden, embrasse la plus grande joueuse de tous les temps, Helen Wills. En 1937, les deux sont en fin de carrière et le palmarès d’Helen Wills vient admirablement compléter celui de Tilden: 3 Roland-Garros consécutifs (1928-1930), 8 victoires à Wimbledon, 7 à l’US Open. En tout, 31 titres du Grand Chelem (!) et 2 médailles d’or aux JO de Paris de 1924. Son surnom de "Little Miss Poker Face" a traversé les âges.

En 1937, à l’US Open Pro, Tilden ne gagnera pas. Passé professionnel en 1931 pour des raisons d’argent, les tournois du Pro Chelem (US Pro, French Pro et Wembley) ne lui sont pas aussi souriants que ne l’ont étés les Grand Chelems (amateurs jusqu’en 1968).

Big Bill le Champion à la fin de sa carrière amateur (1930). Faisons le topo: de 1912 à 1930, Tilden a participé à 192 tournois dont 138 gagnés. Cela nous donne un rapport victoires-défaites phénoménal de 907-62! Qui peut se vanter dans l’ére Open du tennis d’avoir un pourcentage de victoires supérieur à 93%? C’est tout simplement monstrueux.

A partir de 1931, il passe donc professionnel. Il remportera pour la première fois Roland-Garros en Pro Slam en 1933 et 1934 ainsi que l’US Pro (1931 et 1935). Il participera à l’US Pro jusqu’à ses 51 ans, où il est sorti au premier tour.

Ouais, ça a dû vous choquer de voir un sportif de ce niveau sans arrêt avec une clope. Le rythme de vie de Bill Tilden est plutôt particulier. Hormis son attitude efféminée que ses contemporains veulent bien lui coller à la peau, il ne boit pas mais fume comme un pompier. On dit aussi qu’il prenait trois repas énormes par jour composés de steak ou côtelettes et pommes de terre. Il vivra ainsi jusqu’à 48 ans chez sa tante, mais gardezt à l’esprit qu’il voyage beaucoup pour ses tournois. Après cela, et avec suffisamment d’argent en poche, il se prend une chambre permanente à l’Algonquin d’où il écrivait et produisait des pièces pour Broadway, dans lesquelles il jouait parfois. L’homosexualité étant illégale à l’époque, il a été accusé d’affaires de détournement de mineurs, sans fondements réels. Sa recherche permanente de créer une relation père-fils avec ses élèves y est sans doute pour quelque chose.

La "fin du tournoi" est difficile pour Big Bill. Suite à ces affaires, vers la fin des années 40, son ami de toujours Charlie Chaplin lui prête ses courts de tennis privés pour pouvoir entraîner des élèves et se faire un peu d’argent. Il sera invité régulièrement à faire des matchs d’exhibition, menant une vie tranquille, loin de sa famille. Le 5 juin 1953, alors qu’il se prépare à quitter Los Angeles pour un ultime tournoi US Pro à Cleveland, il est foudroyé par une attaque cérébrale. Il est enterré au cimetière de l’Ivy Hill de Philadelphie et entre au Hall Of Fame du tennis international en 1959.


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Dear Readers, dear Friends…

Cela va faire 2 semaines que nous nous sommes vus pour la dernière fois. C’est long, très long, trop long peut-être pour ceux qui ont faim de style, soif de phrases à rallonges, envie de lire des propos insolents. Trop long aussi pour vous témoigner tout le respect que je dois à votre fidélité qui ne cesse de me faire tomber de ma chaise, du moins lorsque je suis sur une chaise: 400 lecteurs hier alors qu’il n’y a aucun nouvel article à l’horizon. Il faut peut-être que vous sachiez que je n’ai pas seulement une vie de blogger qui pourrait se contenter d’un ordi portable, d’une table basse en verre agrémentée de magazines de décoration intérieure et d’une pause toutes les deux heures pour regarder une scène de gonzo. D’ailleurs je me suis toujours demandé comment les autres faisaient pour poster aussi régulièrement leur dégueulis de tendances et d’influences. Après une mûre réflexion de 42 secondes, j’ai trouvé trois réponses à cette question existentielle – si l’on peut réduire l’existence au temps de rédaction de cet article. La première réponse consiste à être étudiant: t’en branles pas une, t’as pas un rond pour sortir et t’en chies pour trouver une meuf. C’est le portrait idéal du blogger régulier qui a du temps combiné à une vie de merde, comme les grands écrivains dans le temps (cf. Fitzgerald), et qui n’hésitera pas à pourrir son mur Facebook de private jokes et de photos de profil de participants à Koh-Lanta, croyant ainsi avoir un ticket d’entrée au Jamel Comedy Club. Bien loin de moi cette idée de citer des noms, mais sachez que j’ai un ami comme cela, plus connu sous le nom de Neo Retro. La seconde possibilité pour poster comme un âne, c’est de faire de blogger un métier. Mais sachant que 70% des gens qui ont internet ont un blog ou un groupe Facebook ou quelque autre merde virtuelle que ce soit (comme un compte Twitter ou un profil Doctissimo), c’est ridicule. C’est comme si 70% de la population française voulait tout à coup devenir caissière Auchan. Ben ouais, elles pourront toujours tenir une caisse, à défaut de se la mettre, mais certaines feront ça avec des billets du Monopoly. C’est ce que font les pionniers, qui ont les premiers posés le pied dans la toile et qui, quelque part, ont aussi une vie peu excitante. Pourquoi? Parce qu’il faut sacrément se faire chier pour accepter d’avoir une bannière The Kooples qui clignote à côté de ton article génial sur l’histoire du Harris Tweed. Bon là, j’en connais pas, mais mes amis de redingote n’en sont pas loin. Enfin, la troisième solution, la plus simple, celle du lâche, est de ne poster que des photos avec une phrase qui explique aux cons ce qu’il y a sur la photo, te faisant clairement comprendre que ce qui est cool c’est la casquette Supreme et que si t’aimes le reste, tu vas te faire foutre. Souvent, ces gens-là ont plusieurs blogs, dont certains où ils vendent leurs trouvailles des puces dernièrement logotées "Attention objet Cool!" et se prennent pour des chasseurs de tendance, aspirant à une chronique régulière sur NRJ 12. Là encore je n’ai pas de nom, mais vous connaissez très bien mon ami de Where Is The Cool? Et puis il y a moi, blogger occasionnel et pas de métier puisque j’estime que faire de la publicité mon métier, justement, était déjà un assez gros foutage de gueule vis-à-vis de mes parents. Alors voilà le topo me concernant: j’utilise GSTAG pour étaler ma culture, mon arrogance et mon insolence, comme le mec insupportable qui cherche à monopoliser la conversation au restaurant, ainsi que pour que les marques dont je parle me filent des vêtements gratos; j’utilise The Haunted Ballroom par lâcheté pour pas m’emmerder à écrire une histoire pour chaque photo que je pique grâcieusement et reposte sans citer de source; j’utilise The Morning Slap pour montrer que je ne suis pas seulement un précurseur en style mais aussi en musique.

Alors, le plus enfoiré des bloggers vous dit à bientôt et remercie ses amis cités précédemment pour l’inspiration qu’ils m’offrent tous les jours, eux! Promis, dès que j’ai fini d’écrire mon bouquin réactionnaire sur le bilan de Sarkozy, je reviendrai poster des articles de mon studio du 3e arrondissement, là où les oiseaux chantent, où le soleil brille et où J.-F. et ses Sperry en peau de chamois conseillent Moonrise Kingdom à ses copains en Wayfarer autour d’une bière à 8€.

Je vous aime, vous me manquez, restez fidèles, je serai vite de retour.

Ernest.

The Ivy House, par Men’s File.

Ooooh je sens que l’Ivy vous manque! Pourtant ce blog transpire l’Ivy, il en regorge, il vit l’Ivy (tu l’as pas vu venir celle-là hein?). Bon, heureusement, il n’y a pas que là que l’on parle Ivy League, Ivy Look, "Fuck Ivy" ou "Forget Ivy" (chers à McNairy, 50€ le t-shirt…), et hormis la confrérie des blogueurs qui s’y intéressent, un magazine imprimé en particulier se distingue: Men’s File. Men’s File, c’est l’oeuvre de Nick Clements, photographe, journaliste, passioné de vélo et de beaux vêtements – un anglais quoi – qui partage avec nous depuis deux numéros une section intitulée "The Ivy House". Comme vous pourrez le lire dans le scan ci-dessous, The Ivy house est une fraternité servant d’alibi au concept créé par Mr. Clements pour tenter de faire revivre le style des étudiants américains des 1960′s dans un contexte fidèlement reproduit par un choix minutieux d’atmosphères, de lieux, d’accessoires, etc : sur le papier ça donne envie, et ça tombe bien puisque le magazine est en papier. Tout y est: cardigans letterman d’époque, voiture d’époque, vélo d’époque, les coupes de cheveux sont respectées, les coupes des vêtements également. On s’y croirait! Donc même si on aimerait voir plus de clichés à chaque parution déjà trop rare (2 numéros par an), saluons le travail de reconstitution exceptionnel de Nick Clements, appuyé par une photographie à même de relayer votre Instagram chéri au rang de Mireille Mathieu de la photo. Chapeau! Chapeau aussi pour les scans de traviole.

Pour choper le mag. allez donc vous renseigner sur leur site internet et profitez-en pour jeter un oeil à leur toute nouvelle section "vidéo". Tout comme l’intégralité du travail qu’ils fournissent, ça chire-dé ve-gra.

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Cannes avant "Cannes": la French Riviera des 1920′s aux 1960′s.

Bon, j’imagine que vous le savez: on est en plein festival de Cannes, festival de film qui a lieu depuis 1946 dans la ville toute naze de Cannes. J’imagine aussi que vous le savez parce que vous suivez Denisot et son équipe de branleurs qui sert d’inspiration et de modèle à 80% des 18-35 ans français. Ou peut-être parce que vous attendez impatiemment la sortie de tous ces films français qui racontent la vie sexuelle de vos voisins, vue par le trou de la serrure des chiottes pour avoir un semblant de créativité, avec toujours au moins un meutre ou un suicide à la clé. Faut pas s’étonner après que Montebourg soit ministre, Anne Roumanoff humoriste préférée des Français et que Renault vende encore des bagnoles. Ouais pardon, je suis énervé! Mais c’est qu’en voyant les cinq vidéos qui suivent, je me suis dit qu’il était clairement temps que je prenne des vacances. La Côte d’Azur! La nôtre! Celle qui est à gerber en plein été parce que trop bondée, mais tellement merveilleuse un mois de septembre encore beau et chaud, lorsque les gamins vous ont foutu la paix pour retourner sur les bancs de l’école et leurs parents, sur les bancs de l’ANPE. Les Américains l’appellent la French Riviera et en raffolent dès les années 20, mais ce sont les anglais et leurs plus illustres représentants qui y installent leurs quartiers de vacances fin XIXe: j’ai nommé la Famille Royale, la Reine Victoria et Edouard VII. Les Rothschild plus tard, puis avant les années 50, Picasso, Matisse et autres artistes à la recherche d’inspiration et de repos. Avec les vols en partance des États-Unis pour Paris puis Nice, avec l’arrivée des congès payés, avec la fin de la guerre, cette côte qui s’étend de Cassis à la frontière italienne devient le lieu incontournable du français moyen et des riches étrangers du monde entier. Promise à la beaufitude dès les années 90 autant que Lana Del Rey à une courte carrière, la French Riviera n’en reste pas moins l’une des côtes les plus belles et les plus riches culturellement du monde. Le Festival de Cannes est un des passages obligés bien sûr, mais la prochaine fois que vous descendez dans le Midi, allez donc plutôt faire un tour dans l’intérieur des terres, là où les vrais trésors se cachent. Comme à St-Paul-de-Vence par exemple, où Chagall, Montand, Ventura, Loren et Signoret jouaient à la pétanque. Retournons un peu en arrière désormais pour retrouver tout ce charme et ce style d’antan, en passant en revue ces quelques films promotionnels de voyagistes, des années 1920 aux années 1960. Et je finis par une belle chute à la con: la Palme d’Or cette année, je la remets à ce coin de paradis qui a tant à nous raconter.

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Letterboys, 1914.

Je vous pose cette photo de boys scouts à Washington , DC en 1914 sous le nez. Agrandissez-la moi en cliquant dessus nom de Dieu ! Explorez-la, fouinez, cherchez tous les détails, vous y trouverez toutes les formes possibles et imaginables de letterman, de tenues sportswear, de cardigans, de chemises, de knickerbockers, de sneakers d’époque… Bref, vous avez un week-end pour me sortir une dissert sur la naissance du sportswear. Rendu des copies lundi à 8h!

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The Heritage Post. Du bon boulot, à l’allemande.

Au Japon, ils ont Free&Easy, en Angleterre Men’s File, aux États-Unis Inventory, en France Jeune&Jolie et désormais l’Allemagne a aussi son propre magazine qui va bien. Son nom? The Heritage Post. Pas très allemand vous me direz, du moins autant que Free&Easy est japonais. Idée germée dans l’atelier d’Uwe Van Afferden, un vrai manuel comme on les aime – un jour styliste, un autre décorateur d’intérieur, et le lendemain designer ou illustrateur – ce magazine, bien qu’écrit en allemand est promis à une belle carrière. Du moins je l’espére. A l’intérieur, 150 pages de contenu riche comme on en voit encore trop peu, y compris sur les blogs: comment respecter son jean, du Rin Tanaka, du Mister Freedom, de l’Aero leather, un passage en revue des deux-roues Royal Enfield, l’histoire de la mythique Jeep Wagoneer, de la bouffe, un choix de bières, des Wolverine 1000 Mile, des montres, de la Rolex GMT-Master aux somptueuses Germano & Walter… Bref, tout ce que l’on attend d’un premier numéro qui se cherche un peu en abordant tous les thèmes qui les passionnent, et puis j’arrête là parce que je sens que ça vous les brise autant qu’un discours d’Eva Joly. Mais clairement, l’orientation est American Workwear et Héritage.

 

Faire des meubles à l’ancienne, créer des accessoires en cuir, bois ou acier, repenser l’intérieur de votre appart, Uwe Van Afferen sait faire. Apparemment il sait aussi dessiner, puisqu’en plus d’avoir lancé The Heritage Post, il a illustré la très belle cover de ce premier numéro réussi.


Lorsque je les ai contactés la semaine dernière, ils étaient en plein bouclage du deuxième numéro qui s’annonce excellent. Alors si vous cherchez une alternative à Free&Easy dans laquelle vous ne regarderez aussi que les images, si lire GQ vous emmerde (ce qui devrait être le cas depuis longtemps) et que vous voulez voir à quel point les allemands sont en train de nous le mettre dans l’os aussi au niveau du style,  achetez un numéro directement chez eux ou chez Pike Brothers. Ben ouais les mecs faut se réveiller et regarder un peu plus loin que le les 3e et 10e arrondissement. Putain, ça y est je m’énerve, j’me casse!

Une bonne idée que cette série de portraits de mecs qui foutent les mains dans le cambouis, accompagnés de leurs tenues préférées.

 

Un chapitre très important pour moi: la bouffe. Et pas la bouffe de lopettes à base de mangue en sorbet sur un lit de soupe de potiron et sardines en allumettes à cuisiner pour faire plaisir à sa gonzesse. Non non, dans The Heritage Post, ça parle vrai casse-croûte de potes: pain de campagne, bière, fromage, charcuterie, viande, et un peu de salade pour ajouter de la couleur à la photo.

En boots, les allemands en connaissent un rayon: chaque ville assez importante a son enseigne Red Wing. Pas étonnant qu’ils nous parlent de ces boots moins connues que sont les Wolverine.

Très inspiré par Free&Easy, on y retrouve aussi de la bécane, du vélo, de la bagnole. Après tout, c’est tout ce que l’on aime à partir du moment où on a une paire de couilles.

Contrairement à ce que vous allez croire, The Heritage Post n’est absolument pas de Berlin, mais de Düsseldorf. Cette ville charmante entourée par l’atmosphère industrielle de la Ruhr. Et c’est ça que j’aime en Allemagne, l’État est fédéral à tous les niveaux. Ainsi, bien qu’on trouve 14oz. à Berlin, vous trouverez des shops encore mieux si vous vous trimbalez du côté de Münich, Cologne, Hambourg, et même du côté des petites villes telles que Brannenburg, d’où Pike Brothers officient.

Au même titre que les Japonais, les Américains ou les Anglais (non, pas les Français non), les Allemands, plus passionnés, ont compris que le style intégre l’art de vivre qui va avec. Du coup, peu de chance de voir un mec habillé années 1920 sur un vélo en carbone en train de pianoter sur son iPhone.

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Dartmouth Winter Carnival (1932-1960).

Pépé et mémé viennent squatter à la maison ce week-end? Pas de problème, GSTAG va vous donner 12 minutes de répit entre une pincette de joue par mémé et une tape (une grosse "pizza" en fait) dans la nuque de pépé. Voici en effet une vidéo issue des archives de Dartmouth sur leur fameux Winter Carnival. La création de cet évènement remonte à 1911 et n’a pas cessé depuis, à part pendant la 2de Guerre Mondiale: cela en fait la plus ancienne célébration de l’hiver aux États-Unis. A la rigueur on s’en fout, mais ce qui vous intéresse peut-être plus, c’est que Dartmouth est située à Hanover, dans le New Hampshire. Créée en 1769, elle est la plus petite des universités de l’Ivy League en nombre d’élèves, mais surtout la plus isolée. Ce dernier fait n’est pas anodin, puisque les étudiants étant restreints aux limites de l’espace et aux shops du campus, c’est là que l’Ivy Look s’est le plus développé, en toute autonomie, et l’ouvrage Take Ivy en est le témoin direct. Avantage aussi, puisqu’elle se trouve dans les montagnes du New Hampshire où la neige abonde une grosse partie de l’hiver – chose qui aide forcément pour organiser un Winter Carnival, et pour accueillir d’excellents skieurs dans ses rangs.

Dans cette vidéo qui retrace les évènements hivernaux du College de 1932 à 1960, je me suis permis de débroussailler un peu le terrain. Ainsi, vous pourrez voir se succéder: une bande d’étudiants en letterman sweater "D" (0:34), de magnifiques vestes Hudson Bay (2:26 et 6:43), un peu d’outerwear bien chaud (4:35 et 11:27), une A2 à la coupe parfaite (8:21), 4 membres du comité d’élection de la Reine de l’Hiver arborant tout ce qu’il faut comme sweater lorsque l’on est un Ivy Student (8:53) et même un journaliste avec un très beau sweater col châle (10:24). Et ceux qui aiment le sport ne seront pas déçus non plus: toboggan de luge fait maison, patinage artistique de gouines, ski sur pommes de pin (dont un salto), etc. Sans oublier le plus important comme le dit un des commentaires: "Dartmouth Winter Carnival is the social event of the year. It’s a huge party with hundred of girls!" Bon visionnage et bon week-end.

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Ivy Revolution in Japan.

Si vous n’avez pas encore feuilleté le Free&Easy d’avril 2012, dépêchez-vous d’aller chez Junku. Ce numéro s’intitule en effet "All about Rugged Trad" et même si vous ne lisez pas le japonais, vous apprendrez énormément grâce aux images – un peu comme quand votre mère vous achetait des Boule&Bill à 2 ans. Lorsque l’on parle de Trad au Japon et dans Free&Easy, impossible de ne pas parler de VAN, la marque créée par Kensuke Ishizu, l’homme qui a amené l’Ivy au Japon notamment en ayant l’idée du projet Take Ivy. Mon sectarisme extrême m’empêchant de parler sur ce blog des périodes post-60′s, il m’a aussi obligé à me concentrer sur les deux pages suivantes concernant la révolution Ivy au Japon, tout au long des 1960′s. Tout ce qu’on aime ici: des images sorties des archives exceptionnelles de VAN où chaussettes en laine blanches complètent des high-water pants, où les sweaters de laine viennent recouvrir les OCBD. Si nous Européens, nous galérons encore à chercher une définition de l’Ivy Look, les Japonais l’ont compris et assimilé il y a 50 ans…

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