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Les archives de l’Australian National Maritime Museum.

Pour bien commencer cet article, j’ai envie de vous sortir une phrase bateau: c’est fou tout ce que l’on peut trouver sur l’internet. L’internet? Oui, l’internet. Alors qu’il me reste deux jours avant de partir pour ce pays où je ne comptais jamais poser les pieds, voilà que je tombe sur cette collection gigantesque de photos d’archives avec comme thème commun, la mer, l’océan, la flotte quoi et tout ce qui s’y passe. Ce pays, c’est l’Australie qui, certainement du fait que ce soit une île, est étroitement liée à la mer. Ben ouais, à un moment, sur une île, il faut que tu foutes le pied dans l’eau. Du coup, la création de ce musée maritime en 1991 s’avérait toute légitime. Et qui plus est lorsque l’on voit la richesse et la profusion de leurs archives photographiques. Alors inutile de vous rappeler que les tenues maritimes sont une source d’inspiration intemporelle pour vos sorties d’été, ça, c’est acquis. Mais cela ne m’empêche pas de partager avec vous un échantillon infime de cette collection qui ne montre pas forcément que du marin mais tout ce qui se passe autour de l’eau dans les années 1910-1920 à Sydney. Tout ça avant de me barrer pour 4 semaines dans ce pays qui n’est peut-être pas aussi inintéressant que je l’imagine. On se revoit début juin!

Août 1929 sur le SS Sierra à Circular Quay (Sydney, lors de l'évènement Movietone.

Août 1929 sur le SS Sierra à Circular Quay (Sydney), lors de l’évènement Movietone.

3 officiels lors de la Pittwater Regatta, 31 décembre 1921.

3 officiels lors de la Pittwater Regatta, 31 décembre 1921.

Marin espagnol en visite en Australie avec son navire Juan Sebastian De Elcano.

Marin espagnol en visite en Australie avec son navire Juan Sebastian De Elcano.

èquipages et officiels de la Pittwater Regatta dans le port de Sydney.

Équipages et officiels de la Pittwater Regatta dans le port de Sydney.

Un des rescapés du naufrage du 3 novembre 1927 issu d'une collision entre le RMS Tahiti et le Grexcliffe, qui a tué au moins 40 passagers.

Un des rescapés du naufrage du 3 novembre 1927 issu d’une collision entre le RMS Tahiti et le Grexcliffe, qui a tué au moins 40 passagers.

Deux autres chanceux qui ont survécu au naufrage du 3 novembre 1927.

Deux autres chanceux qui ont survécu au naufrage du 3 novembre 1927.

Équipages et officiels en tenue pour la Pittwater Regatta de 1925, à bord du SS Archer.

Équipages et officiels en tenue pour la Pittwater Regatta de 1925, à bord du SS Archer.

Le deux membres du Royal Sydney Yacht Squadron, Frank et Alexis Albet.

Le deux membres du Royal Sydney Yacht Squadron, Frank et Alexis Albet.

 

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The Haunted Ballroom

Sviatchenko : Ivy Look Master.

Vous avez certainement noté qu’on ne parlait plus beaucoup du style Ivy des années 1960 sur Greensleeves To A Ground. Mais je voulais profiter d’une petite nouvelle pour vous démontrer qu’il est bel et bien toujours là, dans l’âme de ce blog. En effet, mon confrère et ami Sergei Sviatchenko a été désigné vainqueur de la catégorie Ivy Look dans la rubrique récurrente de Free&Easy consacrée aux Navy Blazers. Un classique américain qui ne se cantonne pas seulement aux années 1960 mais remonte au début du XXe siècle dans les tenues sportswears, souvent porté avec un pantalon en coton blanc ou crème et des chaussures de toile blanche ou les fameuses spectator shoes. C’est pourquoi je voulais envoyer toutes mes félicitations à Sergei, qui mérite amplement son titre de "Master Of Ivy Look", et au Navy Blazer pour sa survie à travers les âges, toujours parfait, toujours indispensable. J’espère que vous avez le vôtre.

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Séance de sport à Seattle.

Non, ne croyez pas que je me suis encore offert un voyage: la pub ne paie pas si bien qu’on veut le croire. Mais Seattle fait partie des villes américaines que je veux voir. Alors lorsque j’ai trouvé ces photos des années 1900 à 1930, je me suis dit qu’elles vous permettraient – à défaut d’un aller-retour gratos pour la capitale de l’état de Washington – un petit voyage dans le temps. Et puisqu’on parle surtout sportswear ici, zoom sur la vie sportive bien développée de la ville des Supersonics (délocalisés depuis 2008 chez les Thunder d’Oklahoma City), des Seahawks (NFL) et des Mariners (Baseball).  Enfilez vos godillots (du nom d’Alexis Godillot, fabricant de brodequins militaires et qui donnera le mot "godasse". C’est pas une vanne.) et on est partis.

Des amteurs de baseball jouent sur le B.F. Day Playfield qui existe toujours. 1913.

Des amteurs de baseball jouent sur le B.F. Day Playfield qui existe toujours, 1913.

De jeunes participants au concours du cerf-volant demandent conseil à un officier de l'USAF, 1920.

De jeunes participants au concours du cerf-volant demandent conseil à un officier de l’USAF, 1920.

Entraînement au Hiawatha Playfield, 1911.

Entraînement au Hiawatha Playfield, 1911.

Green Lake, 1936.

Douglas Capp au concours de lancer "Old Woody", 1920.

Douglas Capp au concours de lancer "Old Woody", 1920.

Le même Douglas Capp, 1923.

Le même Douglas Capp en Converse, 1923.

Course à pied, 1925.

Course à pied, 1925.

Concours de saut en longueur, 1925.

Concours de saut en longueur, 1925.

Les motards se retrouvent au Pioneer Square, 1914.

Les motards se retrouvent au Pioneer Square qui n’a quasiment pas changé aujourd’hui, 1914.

Entraînement défensif au basket, 1925.

Entraînement défensif au basket, 1925.

Broadway playfield, 1932.

Broadway playfield, 1932.

L'avantage rare de Seattle, c'est qu'elle se situe entre mer et montagne. Ici, les filles du Sails And Trails Club, 1932.

L’avantage rare de Seattle, c’est qu’elle se situe entre mer et montagne. Ici, les filles du Sails And Trails Club, 1932.

Sails and Trails Club, 1932.

Sails and Trails Club, 1932.

L'équipe de baseball de la police de Seattle, 1915.

L’équipe de baseball de la police de Seattle, 1915.

Retrouvez plus de photos dans les archives municipales de Seattle en ligne.

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The Sting : faire revivre 1936 en 1973.

Les illustrations du générique sont inspirées des gravures de mode des années 1930, mettant en scène des gentlemens bien sapés.

Les illustrations du générique de The Sting sont inspirées des gravures de mode des années 1930, mettant en scène des gentlemens bien sapés dans leur quotidien.

Il m’arrive, ces derniers temps, de regarder des films que j’ai vus avec mes parents lorsque j’étais petit et que j’ai appréciés, mais plus parce qu’ils étaient associés à un lendemain férié plutôt qu’à une quelconque qualité cinématographique. Le dernier en date de cette série, que j’ai revu récemment, c’est L’Arnaque (The Sting). À l’affiche : Paul Newman et Robert Redford pour un duo de sacrés arnaqueurs, face à l’anglais Robert Shaw. À la réalisation : un George Roy Hill au sommet de sa gloire, nominé 21 fois aux Oscars pour trois de ses derniers films (Hawaii, Thoroughly Modern Millie et Butch Cassidy And The Sundance Kid) entre 1966 et 1969. Et puis ces quelques notes de pianos de Marvin Hamlisch qui mettent de bonne humeur, même lorsqu’elles se répètent des jours durant dans votre tête. The Sting sort en 1973 et cartonne dans les classes populaires comme aux Oscars, avec pas moins de 10 nominations et 7 Oscars emportés, dont Best Director, Best Film, Best Screenplay, entre autres, et bien sûr, Best Costume Design. À l’origine de cet Oscar qui nous intéresse tout particulièrement ici, la grande Edith Head qui gagne son huitième et dernier Academy Award avec ce film dont l’histoire se déroule dans un Chicago de 1936 parfaitement reconstitué. Cette Dame a inspiré sa coupe de cheveux à Mireille Mathieu (Mireille, où es-tu?) mais aussi toute une génération de jeunes femmes grâce aux costumes d’Audrey Hepburn réalisés en collaboration avec Hubert de Givenchy. Voici quelques samples de son travail exceptionnel qui aura une influence sur le cinéma et toute la mode des années 1970.

Gastby, Sergent Waldo Pepper, Roy Hobbs (The Natural) et Johnny Hooker dans The Sting: dans les années 1970, Robert Redford est abonné aux premiers rôles dans les films d'époques 1920's à 1940's. Sa démarche, sa bonne tête de ricain cool et beau gosse et son aptitude à enfiler les vêtements cintrés et pantalons taille haute y sont certainement pour quelque chose.

Gastby, Sergent Waldo Pepper, Roy Hobbs (The Natural) et Johnny Hooker dans The Sting: dans les années 1970, Robert Redford est abonné aux premiers rôles dans les films d’époques 1920′s à 1940′s. Sa démarche, sa bonne tête de ricain cool, beau gosse et son aptitude à enfiler les vêtements cintrés et pantalons taille haute y sont certainement pour quelque chose.

En effet, après The Sting, un revival incroyable a lieu autour des années 1920 à 1940 avec des films comme The Great Gatsby (1974), Chinatown (1974), The Great Waldo Pepper (1975) ou encore le magnifique 1900 – Novecento (1977) de Bertolucci. Quant à la mode des années 1970, si vous êtes un chouille plus cultivé que le type qui associe les années 70 aux Hippies et au Disco, vous verrez dans les rues américaines et européennes la réapparition du costume 3 pièces ultra-cintrés, des vestes belted-back, des spectator shoes, des pantalons à taille haute, des cravates courtes et larges, des blazer à peak lapels, etc. Alors attention, je vous vois venir bande de lâches. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : la mode des années 1970 ne trouve pas seulement son influence dans ce film – l’apparition et le succès des second-hand shops a joué un grand rôle également dans le revival 1930′s/1940′s– mais il y a certainement contribué par son succès et ses références masculines (Newman et Redford, déjà acclamés dans Butch Cassidy And The Sundance Kid). Mais alors là, vous vous débrouillez pour trouver les informations concernant ce sujet. Moi je me contente de vous servir de l’image, des explications sur les costumes du film, et après, faut me foutre la paix. Nul besoin de vous rappeler qu’il est indispensable de re-re-re-re-regarder The Sting en détail.

En 1936, Fedora et peak lapels sont de mises.

En 1936, Fedora et peak lapels sont de mises.

Dans la première scène d'arnaque, Redford arrive en veston croisé gris, chemise col pointes bleu ciel sans cravate et la fameuse newsboy cap: l'ensemble parfait de l'américain de province des couches inférieures de la société au milieu des années 1930. Le standard est déjà haut, puisqu'il est rare de voir des ouvriers d'usine porter des vestes croisées aujourd'hui.

Dans la première scène d’arnaque, Redford arrive en veston croisé gris, chemise col pointes bleu ciel sans cravate et la fameuse newsboy cap : l’ensemble parfait de l’américain de province des couches inférieures de la société au milieu des années 1930. Le standard est déjà haut, puisqu’il est rare de voir des ouvriers d’usine porter des vestes croisées aujourd’hui.

James Earl Jones en costume rayé joue le rôle du premier "maître arnaqueur" de Hooker. Petit rôle puisqu'il restera surtout connu pour être la voix de Dark Vador.

Robert Earl Jones (père de James Earl Jones, voix de Dark Vador), en costume rayé, joue le rôle du premier "maître arnaqueur" de Hooker. Sur cette photo, on peut voir le reste de l’ensemble de Redford : pantalon gris à revers et wingtips usées.

Dans à peu près tous les films mettant en scène cette époque, de Scarface (1932) à Lawless (2012), la première chose que le jeune héros fait après avoir eu un peu d'argent, c'est s'acheter un costume. Et ce n'est pas que de la fiction: de nombreux écrits  de Fitzgerald ou Hemingway prouvent que le costume est le premier acte d'achat personnel d'un jeune homme. Le costume extravagant de Hooker est bordeaux à rayures saumon, veste simple et peak lapels énormes.

Dans à peu près tous les films mettant en scène cette époque, de Scarface (1932) à Lawless (2012), la première chose que le jeune héros fait après avoir gagné un peu d’argent, c’est s’acheter un costume. Et ce n’est pas que de la fiction : de nombreux écrits de Fitzgerald ou Hemingway prouvent que le costume est le premier acte d’achat personnel d’un jeune homme. Le costume extravagant de Hooker est bordeaux à rayures saumon, veste simple deux boutons et peak lapels énormes.

La perfection se vérifie dans les détails. Edith Head s'est complètement lâchée sur les chemises à motifs qui étaient monnaie courante des Années Folles au milieu des années 1940, comme en atteste les catalogues d'époque de Montgomery Ward par exemple: motifs discrets et parfois complexes comme ici, mais motifs quand même.

La perfection se vérifie dans les détails. Edith Head s’est complètement lâchée sur les chemises à motifs qui étaient monnaie courante des Années Folles au milieu des années 1940, comme en atteste les catalogues d’époque de Montgomery Ward ou Sears-Roebuck, par exemple : motifs discrets et parfois complexes comme ici, mais motifs quand même.

La rencontre entre les deux héros Hooker (Redford) et Henry Gondorff (Newman).

La rencontre entre les deux héros Hooker (Redford) et Henry Gondorff (Newman, de dos dans la baignoire, pas la chasse d’eau).

Le mauvais garçon du Lancashire, Robert Shaw, joue ici le rôle de Doyle Lonnegan: tricheur, boiteux, mauvais perdant, il a tout du parfait méchant. Il joue au golf, cliché du riche, et ne se sépare jamais de son bouldogue en costume croisé  (joué par la gueule cassée de Charles Dierkop) qui vous rappelle sans aucun doute le gangster Mugsy des Looney Tunes – lui-même inspiré de l'acteur de la Gangsters Era d'Hollywood, Edward G. Robinson.

Le mauvais garçon du Lancashire, Robert Shaw, joue ici le rôle de Doyle Lonnegan: tricheur, boiteux, mauvais perdant, il a tout du parfait méchant. Il joue au golf, cliché du riche, et ne se sépare jamais de son bouldogue en costume croisé (joué par la gueule cassée de Charles Dierkop) qui vous rappelle sans aucun doute le gangster Mugsy des Looney Tunes – lui-même inspiré de l’acteur de la Gangsters Era d’Hollywood, Edward G. Robinson.

Newman a déjà joué avec Redford dans un autre excellent film de George Roy Hill: Butch Cassidy & The Sundance Kid. En tant qu'Henry Gondorff, il joue dans The Sting l'As de l'arnaque, l'As du poker et bien souvent l'As du style du vieux de la vieille cool.

Newman a déjà joué avec Redford dans un autre excellent film de George Roy Hill : Butch Cassidy & The Sundance Kid. En tant qu’Henry Gondorff, il joue dans The Sting l’As de l’arnaque, l’As du poker et bien souvent l’As du style du vieux d’la vieille cool.

Kid Twist (joué par Harold Gould) est un peu l'ancien du "milieu" dans The Sting. Il est le seul à afficher une garderobe clairement fin années 1910/début années 1920 avec un round collar détachable, une camel coat splendide et un Homburg de feutre gris (ce chapeau à bords courts relevés très prisés au milieu des années 1910, mais qui perdurera jusque dans les années 1950 dans l'aristocratie anglaise, dont Churchill).

Kid Twist (joué par Harold Gould) est un peu l’ancien du "milieu" dans The Sting. Il est le seul à afficher une garderobe clairement fin années 1910/début années 1920 avec un round collar détachable, une camel coat splendide et un Homburg de feutre gris (ce chapeau à bords courts relevés très prisé au milieu des années 1910, mais qui perdurera jusque dans les années 1950 dans l’aristocratie anglaise, dont Churchill).

Costume croisé chalkstripe et cravate à pois pour le méchant et l'arnaqué Lonnegan (joué par Shaw).

Costume croisé chalkstripe et cravate à pois pour le méchant et "arnaqué" Lonnegan (joué par Shaw).

Bon, le King Of Cool dans ce film, vous l'aurez compris, c'est Paul Newman dans le rôle d'Henry Gondorff.

Bon, le King Of Cool dans ce film, vous l’aurez compris, c’est Paul Newman dans le rôle d’Henry Gondorff.

Redford se balade dans son trois pièces gris dans un quart du film. Ce n'est cela dit pas ce qui correspond le mieux à son rôle même si le costume en lui-même est absolument parfait.

Redford se balade dans son trois pièces gris dans un quart du film. Ce n’est cela dit pas ce qui correspond le mieux à son rôle même si le costume en lui-même est absolument parfait.

Encore ces détails qui font de ce film un bijou de style: chemises à petits motifs carrés, cravate à pois et bretelles à rayures sur Robert Shaw.

Encore ces détails qui font de ce film un bijou de style: chemises à petits motifs carrés, cravate à pois, bretelles à rayures et tie pin (pour maintenir la cravate droite) sur Robert Shaw.

Le smoking fait aussi partie de la garderobe de Johnny hooker (Redford).

Le smoking fait aussi partie de la garderobe de Johnny Hooker (Redford).

Et enfin, une belle brochette de costumes années 1930 pour vous montrer – si c'est encore nécessaire – tout l'intérêt de ce film, en plus de son scénario qui est un des meilleurs du cinéma américain.

Et enfin, une belle brochette de costumes années 1930 pour vous montrer – si c’est encore nécessaire – tout l’intérêt de ce film, en plus de son scénario qui est un des meilleurs du cinéma américain.

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Vienne par -15°C.

Lorsque l’on est à Vienne, on se sent hors du temps. Un peu comme on se sent hors de soi lorsque l’on est à Paris, submergé par la saleté et l’oppression des esprits fébriles qui se veulent supérieurs. Riche d’un patrimoine historique exceptionnel, cette ville cosmopolite, propre, libre, aux frontières entre ouest et est, entre présent et passé, est le porte-drapeau d’une Autriche discrète mais respectueuse, attachée à ses valeurs. Il y a trois semaines, j’y étais. L’air y était aussi frais que la neige abondante, les voitures salies par le sel ne venant en rien ternir la beauté du centre classé au patrimoine mondial de l’UNESCO ni la vie de café que le monde lui envie. Cette vie de café, elle prend tout son sens quand les températures extérieures demandent au moindre sourire un effort surhumain: les viennois sont là – les habitants comme les cafés du même nom – assis à leur table de marbre ou de bois, lisant leur journal, écoutant leur musique, seuls ou entre amis, discutant du monde comme Tolstoi a dû le faire avec ses partisans au Cafe Central, il y a 90 ans. Aussi belle en noir et blanc qu’en couleur, racontant chaque fois une histoire différente, Vienne rend fiers les autrichiens qui ont concentré ici tout leur art de vivre. Un art de vivre où le raffinement et la tradition prennent un sens souvent perdu dans les autres capitales d’Europe. Je me devais donc de vous faire un petit rapport de voyage et une sélection de quelques bonnes adresses où vous pourrez aisément vous rendre le temps d’un long week-end.

Vous verrez rarement ailleurs en Europe une sélection aussi exigeante de mobilier des années 1920 aux années 1970. Chez Lichterloh, toutes les antiquités sont triées sur le volet et le magasin est organisé en pièces reconstituées par époque. On s'y sent comme à la maison.

Vous verrez rarement ailleurs en Europe une sélection aussi exigeante de mobilier des années 1920 aux années 1970. Chez Lichterloh, toutes les antiquités sont triées sur le volet et le magasin est organisé en pièces reconstituées par époque. On s’y sent comme à la maison.

Le magasin Lichterloh donne presque envie de s'asseoir et de déguster un café dans un de leurs fauteuils. Il faudra cependant aller en face, au Café Sperl, pour pouvoir savourer une boisson chaude.

Le magasin Lichterloh donne presque envie de s’asseoir et de déguster un café dans un de leurs fauteuils. Il faudra cependant aller en face, au Cafe Sperl, pour pouvoir savourer une boisson chaude.

Vienne cosmopolite vous disais-je. Il n y a pas meilleur endroit que le Naschmarkt pour s'en rendre compte. Le marché aux puces rassemble bulgares, roumains, tchèques, slovaques, hongrois dans un mélange de produits de toutes périodes et à tous les prix parfois très rares. Les collectionneurs s'y bousculent autant que les touristes. L'un des plus intéressants Flohmarkt que je connaisse.

Vienne cosmopolite vous disais-je. Il n y a pas meilleur endroit que le Naschmarkt pour s’en rendre compte. Le marché aux puces rassemble bulgares, roumains, tchèques, slovaques, hongrois dans un mélange de produits de toutes périodes et à tous les prix, parfois très rares. Les collectionneurs s’y bousculent autant que les touristes. L’un des plus intéressants Flohmarkt que je connaisse.

En quatre jours, on a le temps de prendre ses habitudes. La première d'entre elle: le Café Drechsler. Situé à côté du Naschmarkt, il permet de se rassasier après s'être ouvert l'appétit avec les produits italiens, allemands autrichiens et français du Naschmarkt.

En quatre jours, on a le temps de prendre ses habitudes. La première d’entre elles: le Cafe Drechsler. Situé à côté du Naschmarkt, il permet de se rassasier après s’être ouvert l’appétit avec les produits italiens, allemands, autrichiens et français du marché voisin.

Par -15°C, un bouillon de Fritatten est accueilli avec plaisir.

Par -15°C, un bouillon de Fritatten est accueilli avec plaisir.

La cuisine autrichienne trouve ses valeurs dans la simplicité. Cette Käsekrainer (une saucisse fourrée au fromage) est venue plus d'une fois sur ma table lors de mon weekend. Le contraste entre les couleurs vives du plat et le teint monochrome du Café Drechsler datant de 1919 ne rendait le tout que plus appétissant.

La cuisine autrichienne trouve ses valeurs dans la simplicité. Cette Käsekrainer (une saucisse fourrée au fromage) est venue plus d’une fois sur ma table lors de ce weekend. Le contraste entre les couleurs vives du plat et le teint monochrome du Cafe Drechsler datant de 1919 ne rendait le tout que plus appétissant.

Le style fait autant parti de Vienne que l'histoire. Il y a de nombreux tailleurs traditionnels tels que Knitze, habilleur de nombreuses stars du cinéma allemand d'entre deux guerres et son magasin aménagé par Loos. Mais Jungmann & Neffe mérite tout autant le détour.

Le style fait autant parti de Vienne que l’histoire. On y trouve de nombreux tailleurs traditionnels tels que Knize, habilleur de nombreuses stars du cinéma allemand d’entre deux guerres et son magasin art-déco aménagé par Adolf Loos. Mais Jungmann & Neffe mérite tout autant le détour.

Chez Jungmann & Neffe, le choix de cravates et de mouchoirs de poche est énorme. Cette maison fondée en 1866 propose aussi un grand choix de parapluies et de tissus de toutes sortes dont sont remplies les étagères en bois.

Chez Jungmann & Neffe, le choix de cravates et de mouchoirs de poche est énorme. Cette maison fondée en 1866 propose aussi un grand choix de parapluies et de tissus de toutes sortes dont sont remplies les étagères en bois.

Ma deuxième adresse "d'habitué" a été dès le premier soir le Gasthaus Pöschl. Dans une petite rue parallèle à l'allée commerçante Kärntnerstrasse, le cadre est juste parfait.

Ma deuxième adresse "d’habitué" a été dès le premier soir la Gasthaus Pöschl. Dans une petite rue parallèle à l’allée commerçante Kärntnerstrasse, le cadre est juste parfait.

Pöschl est le meilleur endroit pour déguster un Wiener Schnitzel.

Pöschl est le meilleur endroit pour déguster un Wiener Schnitzel.

Et l'Apfelstrudel qui est jusqu'ici le meilleur que j'ai mangé.

Et l’Apfelstrudel, qui est jusqu’ici le meilleur que j’ai mangé.

Bien que l'on apprécie la chaleur du métro viennois en hiver, il n'y a rien de plus typique que de prendre l'une de ses vieilles rames de tramway aménagées en bois pour se déplacer dans la capitale autrichienne.

Bien que l’on apprécie la chaleur du métro viennois en hiver, il n’y a rien de plus typique que de prendre l’une de ses vieilles rames de tramway aménagées en bois pour se déplacer dans la capitale autrichienne.

Situé sur une bute en plein centre ville, autant vous dire qu'à Belvedere on se caille les miches. Ce palais vaut pourtant beaucoup plus le détour que Schönbrunn, y compris l'été.

Situé sur une bute en plein centre ville, autant vous dire qu’à Belvedere, on se caille les miches. Ce palais vaut pourtant beaucoup plus le détour que Schönbrunn, y compris l’été.

L'Apfelstrudel et les plats de snacking n'y sont pas aussi bons qu'au Drechsler, mais la déco 50's du Café Prückel mérite de venir y prendre un café.

L’Apfelstrudel et les plats de snacking n’y sont pas aussi bons qu’au Drechsler, mais la déco 50′s du Cafe Prückel mérite de venir y prendre un café.

Une autre adresse de style et de choix, le plus fameux bottier d'autriche Scheer & Söhne fondé en 1816 par Johann Scheer...

Une autre adresse de style et de choix, le plus fameux bottier d’autriche Scheer & Söhne fondé en 1816 par Johann Scheer…

... et sa paire de chaussures à 6000€.

… et sa paire de chaussures à 6000€.

Impossible d'aller à Vienne sans visiter l'un des nombreux musées de très haute qualité du Museumsquartier. Le Kunsthistorisches Museum (KHM) a l'une des plus belles collections d'art antique et classique d'Europe.

Impossible d’aller à Vienne sans visiter l’un des nombreux musées de très haute qualité du Museumsquartier. Le Kunsthistorisches Museum (KHM) a l’une des plus belles collections d’arts antique et classique d’Europe.

Le café du KHM envoie du lourd...

Le café du KHM envoie du lourd…

... notamment lorsque l'on regarde en l'air en buvant son café.

… notamment lorsque l’on regarde en l’air en buvant son chocolat chaud.

Une des nombreuses salles, classées par pays, du KHM. Un vrai musée comme on les aime.

Une des nombreuses salles, classées par pays, du KHM. Pas trop grand mais complet, on le fait en 3 heures sans problème. Un musée comme on les aime.

Et enfin, le point fort gastronomique de ces quatres jours à Vienne. La Meierei am Stadtpark. Située dans le seul restaurant triple étoilé de la ville (Steirereck), on y sert des fromages et produits laitiers excellents et des petits-déjeuners.

Et enfin, le point fort gastronomique de ces quatres jours à Vienne: la Meierei Im Stadtpark. Située dans le seul restaurant triple étoilé de la ville (Steirereck) abrité dans cette jolie maison en plein parc, on y sert des fromages et produits laitiers excellents et des petits-déjeuners hors de ce monde.

Voici ce que vous avez pour 19,50€. Ca...

Voici ce que vous avez pour 19,50€. Ca…

... et ça.

… et ça.

Ou encore un excellent Kaiserschmarrn.

Ou encore un excellent Kaiserschmarrn.

- Lichterloh, Gumpendorferstraße 15-17, 1060 Wien

- Marché aux Puces du Naschmarkt, tous les samedis de 6h30 à 18h. Naschmarkt, 1060 Wien.

- Cafe Drechsler, Linke Wienzeile 22, 1060 Wien.

- Wilhelm Jungmann & Neffe, Albertinaplatz 3, 1010 Wien.

- Gasthaus Pöschl, Weihburggasse 17, 1010 Wien.

- Schloss Belvedere, Prinz-Eugen-Straße 27, 1030 Wien.

- Cafe Prückel, Stubenring 24, 1010 Wien.

- Rudolf Scheer & Söhne, Bräunerstraße 4, 1010 Wien.

- Kunsthistorisches Museum, Burgring 5, 1010 Wien.

- Meierei Im Stadtpark / Restaurant Steirereck, Am Heumarkt 2A, 1030 Wien.

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Pause-café viennois.

J’me barre à Vienne! Mais non, pas pour la vie, comme me le faisait naivement (je sais qu’il y a un tréma sur le "i" mais je ne peux pas le faire sur mon clavier allemand, je vous l’ai déjà dit ça!) remarquer un ami ce matin qui croit qu’à chaque fois que je bouge dans une ville germanophone, c’est pour la vie. Sauf que Vienne, moi, je n’y ai jamais foutu les pieds. À ce qu’on dit, les cafés y sont les meilleurs et les plus agréables du monde, on y a vu Mozart et Vivaldi jouer leurs plus belles pièces, Tolstoi et Kafka se coller des mines au Café Central et même Schubert et sa truite y sont nés. Regorgeant de merveilles architecturales, un vieux quartier classé à l’UNESCO, ses ruelles étroites que l’on imagine éclairées par la bougie d’un passant emmitouflé dans sa cape et son tricorne, une goutte de lait tombant dans un café viennois et s’animant en spirale sous les effets d’une petit cuillère, c’est tout cela que Vienne évoque et anime en nous. Alors plutôt que d’en garder une évocation brumeuse qui peut s’avérer complètement fausse – pourtant Dieu sait si j’évoque bien et avec plaisir –  je vais y faire un tour pour quelques jours, et peut-être y découvrirai-je cette époque du Jugendstil, cette Vienne du début du XXe siècle que l’on voit ci-dessous, un peu plus sale, un peu plus chic, sans même avoir à fermer les yeux. On se revoit la semaine prochaine.

Le bâtiment de l'Arsenal, sur la place Am Hof en 1900.

Le bâtiment de l’Arsenal, sur la place Am Hof en 1900.

L'Hôpital de la Charité, 1903.

L’Hôpital de la Charité (Zur Heiligen Barmherzigkeit), 1903.

Un café de la Hauptallee, 1910.

Un café de la Hauptallee, 1910.

La rue Mariahilfer, 1901.

La rue Mariahilfer, 1901.

Gumperdorferstraße dans le 6e arrondissement viennois, 1899.

Gumperdorferstraße dans le 6e arrondissement viennois, 1899.

Livraison sur le marché à la viande de la Verladeplatz, 1900.

Livraison sur le marché à la viande de la Verladeplatz, 1900.

L'une des rues les plus célèbres de Vienne: Graben, en 1905.

L’une des rues les plus célèbres de Vienne: Graben, en 1905.

L'opéra de Vienne en 1909.

L’opéra de Vienne en 1909.

La Karlskirche, 1909.

La Karlskirche, 1909.

L'Arsenal, qui servait en 1910 de caserne de pompiers.

L’Arsenal, qui servait en 1910 de caserne de pompiers.

Le célèbre Naschmarkt, long d'1,5 kilomètres, en 1912.

Le célèbre Naschmarkt, long d’1,5 kilomètres, en 1912.

L'appartement d'un certain Carl Schreiners, typiquement viennois du début du siècle dernier, 1905.

L’appartement d’un certain Carl Schreiners, typiquement viennois du début du siècle dernier, 1905.

 

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1947 : Andrew J. Paris met la gomme.

Pas la peine de chercher sur Wiki comme vous le faites à chaque fois que votre copine vous demande par SMS si vous connaissez un artiste qu’elle vient de voir à Beaubourg, avant de lui sortir un lâche : "Putain, mais ça y est, tu débarques. Le mec a juste fait {l’oeuvre dont vous copiez-collez le nom} en 1996." Ici vous ne trouverez pas ou peu d’infos sur Andrew J. Davis. Andy, c’est un mec à la Ed Wood ou Preston Tucker. Ces fous aux costumes pinstripe croisés et peak lapels sans fin que l’après-guerre décomplexée a rendu génies: Ed, dans le cinéma (enfin, pas tellement à l’époque) et Tucker dans l’automobile, avec sa ’48 Sedan. Andy, lui, c’est tout autre chose. En 1946, dans sa ville de McAllen, Texas, il surprend des gosses en train de se battre et en essayant de les arrêter, il se rend compte que tout ce brouhaha a lieu à cause d’un… chewing-gum. Un peu trop cher à l’époque, on se fout sur la tronche pour en avoir un bout : la faute aux soldats américains qui les distribuaient à la volée aux françaises libérées? Peut-être. Quoiqu’il en soit, voyant là une opportunité, Paris se lance dans le business de la gomme à mâcher à 27 ans à peine. Objectif n°1 : choper du latex et du sucre, la base. Son statut de petit importateur de sucettes lui permet de passer un deal avec quatre usines mexicaines basées à Monterrey, où à l’époque on fait autre chose qu’organiser des free parties pour les hippies en Van Volkswagen. Et attention, c’est là que le mec sort ses couilles : il ne va pas produire quelques tonnes pour essayer, mais il va directement inonder le marché avec 5000 tonnes de "ACE Bubble Gum", à 1 penny la pièce. Carton plein – mais vide dans les stocks : il distribue ses petits rectangles roses à la volée, accueille les chaînes de TV et les journaux avec son équipe et en profite pour rendre célèbre la bulle de chewing-gum. Photogénique, avec son style de star du cinéma, les Mexicains qui travaillent pour lui en font leur idole et LIFE lui consacre même un reportage photo en janvier 1947. Pour vous, Mesdames Messieurs, à la manière d’un Stéphane Bern des têtes couronnées de bonnes idées, voici donc le Roi du Chewing-Gum et sa bande de joyeux lurons, en images.

Andrew J. Paris dans son bureau, un "Paris Bubble Gum" à la bouche, naturellement. 1947.

Andrew J. Paris dans son bureau : cheveux slickés vers l’arrière, petite moustache, costume croisé pinstripe, mouchoir de poche et boutonnière assortis. Une gueule de star hollywoodienne mais qui préfère les bulles à la clope. 1947.

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Andy avec ce qui le rendra riche et célèbre: un chewing-gum à 1 penny.

Andy avec ce qui le rendra riche et célèbre: un chewing-gum ACE à 1 penny.

Dans la compagnie "Paris Bubble Gum", on s'affiche tous avec une bulle lorsque les médias sont là. C'est grâce à eux que la bulle de chewing-gum s'est démocratisée dans le monde entier.

Dans la compagnie "Paris Bubble Gum", on s’affiche tous avec une bulle lorsque les médias sont là. C’est grâce à eux que la bulle de chewing-gum s’est démocratisée dans le monde entier.

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L'équipe d'Andrew Paris est jeune, ce qui n'a certainement pas nui à l'image de la marque, et à son succès.

L’équipe d’Andrew Paris est jeune, ce qui n’a certainement pas nui à l’image de la marque, et à son succès.

Andy Paris, malgré son jeune âge (27 ans lorsqu'il décide de se lancer dans le chewing-gum) était un business-man organisé et respecté.

Andy Paris, malgré son jeune âge (27 ans lorsqu’il décide de se lancer dans le chewing-gum) était un business-man organisé et respecté.

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Andy Paris au milieu d'une foule de gamins affamés devant une école de McAllen: en tout, ce ne sont pas quelques poignées de chewing-gum qu'il écoulera, mais 5000 tonnes.

Andy Paris au milieu d’une foule de gamins affamés devant une école de McAllen, Texas : en tout, ce ne sont pas quelques poignées de chewing-gum qu’il écoulera, mais 5000 tonnes.

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Des bulles, des bulles et encore des bulles, pourtant l’histoire d’Andrew Paris n’a rien d’une bande-dessinée. Sur une simple chamaille de gosses dans la rue, il s’est bâtit un petit empire du chewing-gum dans l’Amérique d’après-guerre: une Amérique du fast-food, de la bagnole tunée, des chinos trop courts et des penny loafers. Stratégiquement malin, stylistiquement parfait: étonnant qu’on n’ait pas encore pensé à en faire un film. (Crédits photos: LIFE/Cornell Cappa, Janvier 1947).

En 2011, sur la base de ces archives de LIFE et d’autres documents rares et témoignages, un documentaire lui est consacré et le fait ressortir de l’ombre pour un temps.

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August Sander. De bonnes têtes d’allemands.

Et pourquoi ne pas étudier le style des années 1910 à 1950 en faisant aussi un peu de photographie, d’histoire et d’anthropologie? Vous pouvez ne pas être né de la dernière pluie, ne pas avoir inventé la poudre, être con comme un balai, il est absolument impossible de n’avoir jamais vu un de ses portraits. August Sander a été à la photographie de portrait ce que Brigitte Lahaie a été au porno français : il a posé les bases. Le petit August est né ébouriffé en 1876, dans le village de Heldorf, au sud-ouest de l’Allemagne. Bien qu’il n’ait aucun lien avec quelque japonais que ce soit, pas la peine d’attendre bien longtemps avant de le voir tenir un appareil photo en assistant un photographe de Trèves, de 1897 à 1899, avant que son oncle ne l’aide à monter son premier atelier de photo en 1904, à Linz, en Autriche. D’abord productif en tant que père plus qu’en tant que photographe (il a 4 enfants avec sa femme Anna Seitenmacher), il part s’installer à Cologne, au 201 Dürener Straße, où sa réputation se fera dès 1910 grâce à de superbes clichés de paysages naturels et industriels. Sander s’ennuyant un peu dans son atelier, il monte le Kölner Progressive – mouvement qui regroupe graphistes, écrivains, peintres, architectes et photographes, au début des années 1920. C’est grâce à ce mouvement que son travail de portraitiste s’étale au grand jour, en pleine République de Weimar, avec la parution en 1929 de 60 portraits intitulés Menschen des 20. Jahrhunderts (Les Hommes du XXe siècle).

Autoportrait d'August Sander, 1925.

Autoportrait d’August Sander, 1925.

Au-delà de son talent de photographe, il agit dans son travail en tant qu’humain, citoyen d’une Allemagne meurtrie après la Première Guerre Mondiale, instable, pauvre et en recherche de personnalité. Vous ne verrez pas de sourire sur les visages des médecins, des instituteurs, des paysans, des soldats nazis, des artistes pris par Sander, arborant tous une froideur de regard et d’expression, reflet d’une époque de montée vers l’extrémisme, mais où il faut malgré tout vivre et parfois survivre. En passant en revue toutes les couches de la société, il délivre un témoignage historique d’une richesse incroyable sur le style de vie dans l’Allemagne d’entre-deux guerres, ainsi que sur le style tout court, mais s’expose aussi aux rigueurs idiotes de la dictature nazie : en 1934, cette variété étant contraire aux principes fondamentaux aryens, ses portraits sont confisqués et il est interdit par les autorités de les continuer. Cette même année, son fils Erich, membre du Parti Travailleur allemand, est arrêté et emprisonné à Siegburg. Il meurt 6 mois avant sa libération, en 1944. En 1946, August entreprend une documentation photographique sur la ville détruite de Cologne. Il y mourra en 1964. Eh oui, vous l’attendez cette fin où je vous dis "il est mort, mais ses portraits resteront à jamais dans nos mémoires, intemporels et influents, inspirants les plus grand photographes de la seconde moitié du XXe siècle". Ben voilà, vous l’avez.

Vieil homme, 1910.

Vieil homme, 1910.

Jeunes fermiers, 1914.

Jeunes fermiers, 1914.

Pilote, 1920.

Aviateur, 1920.

Jeunes frères, 1920.

Jumeaux, 1920.

Instituteur, 1921.

Instituteur, 1921.

Le Quartet Havemann, 1923.

Le Quartet Havemann, 1923.

Le peintre polonais Jankel Adler, 1924.

Le peintre polonais Jankel Adler, 1924.

Notaire, 1924.

Notaire, 1924.

Le peintre allemand Otto Freundlich, 1925.

Le peintre abstrait allemand Otto Freundlich, 1925.

Le philosophe allemand Max Scheler, 1925.

Le philosophe allemand Max Scheler, 1925.

Forgerons, 1926.

Forgerons, 1926.

Photo tirée d'une série sur les travailleurs du cirque réalisée entre 1926 et 1932.

Photo tirée d’une série sur les travailleurs du cirque réalisée entre 1926 et 1932.

Le peintre allemand Otto Dix et sa femme Martha, 1926.

Le célèbre peintre allemand Otto Dix et sa femme Martha, 1926.

Étudiant d'école de grammaire, 1926.

Étudiant d’école de grammaire dans un superbe 2-pièces imprimé, 1926.

Maçon, 1926.

Maçon, 1926.

Anton Räderscheidt, peintre du mouvement de la Nouvelle Objectivité, 1926.

Anton Räderscheidt, peintre du mouvement de la Nouvelle Objectivité, 1926.

L'écrivain et critique de théâtre Franz Paul Brückner, 1926.

L’écrivain et critique de théâtre Franz Paul Brückner, 1926.

Le marchand d'art Sam Salz, 1927.

Le marchand d’art Sam Salz, 1927.

Un démocrate, membre du Parlement de la République de Weimar, 1927.

Un démocrate, membre du Parlement de la République de Weimar, 1927.

Poseur de briques, 1928.

Poseur de briques, 1928.

L'artiste constructiviste Heinrich Hörle, 1928.

L’artiste constructiviste Heinrich Hörle, 1928.

Le peintre Robert Seuffert, 1928.

Le peintre Robert Seuffert, 1928.

Pâtissier, 1928.

Pâtissier, 1928.

Mains de l'écrivain Mather, 1928

Mains de l’écrivain Mather, 1928.

"Touring player", 1928-1930.

"Touring player", 1928-1930.

L'écrivain et critique de théâtre Theodor Haerten, 1928.

L’écrivain et critique de théâtre Theodor Haerten, 1928.

Jeune instituteur, 1928.

Jeune instituteur, 1928.

Banquier, 1929.

Banquier, 1929.

Ouvriers agricoles, 1929.

Ouvriers agricoles, 1929.

L'une des grandes figures du Dada berlinois : l'artiste et écrivain Raul Hausmann, 1929.

L’une des grandes figures du Dada berlinois : l’artiste et écrivain Raul Hausmann, 1929.

Porteur, 1929.

Porteur, 1929.

Jockey, 1930.

Jockey, 1930.

Le professeur d'art, Karl With, 1932.

Le professeur d’art, Karl With, 1932.

Un fabricant de papier et sa femme, 1932.

Un fabricant de papier et sa femme, 1932.

Nazi, 1935.

Nazi, 1935.

Un industriel, 1936.

Un industriel avec sa cravate à pois, 1936.

Soldat allemand, 1940.

Soldat allemand, 1940.

Jeune nazi, 1941.

Jeune nazi, 1941.

Le prisonnier politique Erich Sander, fils d'August, peu de temps avant sa mort en détention, 1943.

Le prisonnier politique Erich Sander, fils d’August, peu de temps avant sa mort en détention, 1943.

Le deuxième fils d'August, Gunther Sander, 1956.

August Sander en 1956. Par son deuxième fils, Gunther.

Plus de photos de Sander issues des collections de la Tate ici.

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Motivés pour 2013.

Vous avez tous certainement pris de bonnes résolutions pour cette nouvelle année. Chaque année, vous y pensez ; chaque année, vous ne vous y tenez pas. Regardez par exemple le nombre de fois où je me suis résolu à poster plus sur GSTAG, et pourtant je poste de moins en moins. Ben, cette année, je m’fais pas chier, je ne vous promets rien, si ce n’est que ce blog va continuer d’exister. Il va continuer de suivre mes passions, pas celles de GQ, c’est tout ce que je peux vous promettre. Ce seront les années 1910, les années 1920, mais peut-être aussi les années 1950 ou 1960. Mais toujours pas au-delà: j’ai jamais été pattes d’éléphant, j’ai jamais été jeans troués délavés et encore moins joggings fluos. Quand on s’est fait une clientèle dans le bonbon, on commence pas à vendre des jarrets de porc. C’est ce que l’on pourrait reprocher à de nombreuses marques, qui ont troqué leur fond de commerce pour s’inscrire dans la tendance. Une tendance qui n’en finit pas de s’écourter, une tendance que l’on est tellement habitués à voir disparaître, que l’éducation des gens se fait petit à petit et on les voit de plus en plus se tourner vers l’objet de qualité plutôt que vers l’objet de frivolité. Les blogs, force est de le reconnaître, y sont pour beaucoup. Et on ne peut pas reprocher à qui que ce soit de chercher l’inspiration avec un café au bureau sur ces nouveaux Fernand Nathan du style, professeurs fous et sectaires de la toile qui, tels des archéologues de la recherche Google vont chercher le moindre petit détail historique du tissu qui compose votre mouchoir de poche. Jusqu’au jour où avoir un blog deviendra une tendance (si ce n’en est pas déjà une) et à ce moment-là, les puristes du vêtement trouveront autre chose. Quelque chose de plus passionnant encore, peut-être un vrai retour aux ventes par correspondance, aux livres, à la fouille de collectionneur. Car ne nous voilons pas la face, ces pièces qui nous inspirent et qui ont créé l’histoire du style pendant ces périodes qui nous intéressent tant: elles se font rares, très rares. Et bientôt Buzz Rickson reproduira des Avirex des années 1990 et Nigel Cabourn s’inspirera de l’histoire de Man vs. Wild pour ses collections, les greniers de vos grand-parents seront vides, les collectionneurs cacheront leurs pièces uniques et Ebay sera un Eldorado asséché. En attendant, je continue de vous servir tout ce que je trouve, tout ce que j’ai envie de partager – histoire, inspiration, héritage – et de vous faire chier en vous faisant la morale. Comme ce personnage de fiction nommé Bill Jones, créé par l’agence Parker Holladay Chicago dans les années 1920 pour motiver la main d’oeuvre bureaucratique qui mènera les États-Unis à leur perte, en 1929. Bonne année à tous, et merci, merci ! pour votre fidélité.

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Plus d’illustrations et d’informations sur Art Of Manliness.

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Ivy Gift: "Bob" Varsity Jacket, 1950′s.

Pas la peine d’en remettre une couche: tout le monde sait que la période des fêtes approche et vous êtes comme un con (ou une conne), sans cadeau pour votre meilleur pote ou votre petit copain. S’il est un inconditionnel des années Ivy League, preppy dans l’âme, et qu’il en a marre de porter de pâles copies de chez Tommy Hilfiger, c’est le moment de le surprendre avec un original. En l’occurrence, un blouson de ma collection daté des 1950′s, sans université d’origine, mais avec le nom brodé sur la poitrine (comme la tradition le voulait) ainsi qu’une étiquette en parfait état (Hatchers, Lynn, Massachussets). La qualité, impossible de la remettre en doute: je me le suis procuré chez The Duke, spécialiste du vêtement américain vintage de renommée mondiale situé aux puces de St-Ouen. Acheté 300€, je le revends ici 250€ + frais de port (paiement par Paypal), quasiment pas porté depuis l’achat, il y a un an et demi. Taille M, la doublure intérieure est un tout petit peu détériorée au niveau du dos, mais je l’ai acheté comme ça et ce n’est absolument rien de grave. Le blouson en laine est sinon en parfait état et il ne vous manquera plus qu’une Mustang, une paire de loafers et un chino pour vous la péter sévère. Contactez-moi à l’adresse mail suivante: greensleevestoaground@gmail.com

Original 1950′s Varsity Jacket "Bob", Made by Hatchers, Lynn, Massachussets. Wool, excellent condition (except small imperfection on the back lining, nothing bad), bought last year at the vintage americana  french specialist The Duke. Size M. 250€ + shipping costs. Contact: greensleevestoaground@gmail.com (payment via Paypal)

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Penny Loafers and Korean War chino are NOT for sale.

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DSC00435_klei

DSC00434Réfléchissez, imaginez-vous être Bob, écoutant un peu de rockab’ avec sa coupe de cheveux Pompadour et il est à vous. Joyeux Noel!

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