Les Conscrits de Charensat, 1928.

by greensleevestoaground

Je vais vous faire verser la larmichette avec ce post. Je vais même me la jouer “blogueuse déco” en vous racontant ma vie. En 1928, mon arrière-grand-père a 20 ans: Charles Rigaud, dit “Le Parri”, abrévation et surnom que ma tante a donné à son parrain (troisième de la rangée du fond en partant de la gauche, en costume et casquette newspaper-boy), est appelé pour effectuer son service militaire avec les autres hommes de son âge dans son village de Charensat, en Auvergne. On les appelle “les conscrits”. Fils de paysan, loin, bien loin de la vie citadine, rien ne l’empêche pourtant d’être à la mode des années 1920, avec sack-suit à l’américaine, pantalons courts à revers, sportcoat cintrée et gilet assorti. A sa gauche, son père, encore très début du siècle dans le style, arbore un costume noir et une chemise à faux-col. C’est en allant hier fouiller dans la penderie de mon arrière-grand-père que j’ai récupéré cette photo. Sa fille, ma grand-mère donc (essayez de suivre un peu), m’a aidé à faire une petite sélection dans ses vêtements, essentiellement années 1940 et 1950: bleu de travail en moleskine avec une superbe usure, des pantalons fishtail, un costume croisé gris rayé, une pullover shirt, deux blazers en gros velours marron, un pardessus gris “Comtal”. Le seul problème, “Le Parri” faisait 1,60m, je fais 1,85m… Pendant que je fouillais, ma grand-mère me racontait comment le laitier venait livrer sur sa voiture, ouverte aux quatre vents, armé d’une car-coat en cuir, d’une casquette et des fameuses lunettes de pilote. Et c’est là que l’on ressent cette étrange sensation: la nostalgie d’un temps que l’on n’a pas connu (je vous avais dit qu’il y aurait de l’émotion).

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