Ivy dorm-rooms.
par greensleevestoaground
Oubliez les chambres des cités étudiantes et autres CROUS où l’on a honte d’amener ses amis et où le principal souci est d’en partir au plus vite, souvent causes du manque de motivation présent dans nos amphis délabrés. Je ne dénigre pas, j’ai constaté par moi-même! Les écoles universitaires américaines ont une toute autre culture, celle du campus en pack complet, des salles de cours aux chambres en passant par les salles de sports, les parcs, les boutiques (dont les fameuses Co-Op où l’on s’habillait Ivy pour que dalle). Les chambres, ce sont les dorm-rooms, lieu de vie principal de l’étudiant et où il fait tout pour se sentir chez lui: personnalisation, étendards de ses aïeuls passés dans la même université, photos de famille. Et ça peut aller très loin à partir des preppies des 1980′s, fans de canards, cravates club et autres Go-to-Hell. On peut s’en faire une vague idée très colorée ici. Mais dans les années 1940, 1950 et 1960, c’et plus sobre. On y retrouve ses potes, on y travaille, on y fume la pipe, on y baise (j’espère!): aaaaah la belle époque! C’est l’endroit où le jeune américain se construit, ou se déconstruit; c’est même dans ces dorm-rooms qu’est né l’Ivy Look, lorsqu’un beau jour on décida de ne pas spécialement changer sa tenue d’intérieur pour aller en cours. Petite compilation sommaire et illustrée, made in LIFE.

Le halfback de l'université de Michigan Tom Harmon dans sa dorm-room en octobre 1940 (by Alfred Eisenstaedt/LIFE).

Eli Tulles, étudiant de la Woodberry Forest School, en plein rasage de pré-soirée, 1944 (by Alfred Eisenstaedt/LIFE).

Pas de problème de concentration pour ces trois potes de Howard University. Pas de problème de style non plus... 1946 (by Alfred Eisenstaedt/LIFE).

Petite pipe du soir, sans mauvais jeu de mots, dans cette dorm-room de la Naval Academy d'Annapolis, 1940 (by David E. Scherman/LIFE).

Remarquez la poche de poitrine sur le sweatshirt et les spectator shoes. Et puis la pipe, les photos de jolies femmes... On est en 1942 dans le Nebraska (by Walter Sanders/LIFE).

On se détend un peu pendant la Rush Week (période de recrutement des Fraternities & Sororities) de cette université de l'Illinois, 1956 (by Grey Villet/LIFE).

A Chino Hills, à la Boys' Republic School, l'ancien étudiant qui visite sa chambre d'antan, c'est Steve McQueen! Juin 1963 (by John Dominis/LIFE).



CHer F.,
merci pour ce post avec beaucoup d’humour dans l’écriture.
ps: je constate qu’une fois de plus McQueen reviens, quel drogué faites-vous !
C.
Merci encore une fois Charles!
McQueen est un peu arrivé par hasard dans cette recherche sur LIFE. c’est ma seule excuse. Mais McQueen n’en reste pas moins une très bonne drogue!
A bientôt,
F.
Cela n’est pas pour jouer sur les mots, mais presque…
http://forthediscerningfew.com/2011/03/30/ivy-league-style/
"le style Preppy s’inspire fortement du style Ivy League"
Au regard de mes lectures, si je ne me trompe, que ce soit preppy ou ivy’, ces deux qualifications du style ne sont qu’on ne peut plus synonyme. Le preppy étant iune composante du style de la fameuse ligue universitaire.
Quid?
C’est très délicat en fait, et assez difficile à expliquer.
Les étudiants qui ont influencé et diffusé l’Ivy Look (qui vient du nom de l’Ivy League, ligue sportive des 8 plus prestigieuses universités du nord-est américain) étaient en fait eux aussi des preppies (abréviation de "preparatory", classes qu’ils fréquentent avant d’entrer en université). Le preppy est une sous-culture issue des WASP, familles traditionnelles, riches et cultivées du nord-est des Etats-Unis qui fréquentaient les écoles de l’Ivy League (Princeton, Yale, Brown, Cornell, Columbia, Penn State, Dartmouth, Harvard). Etre preppy n’est donc pas avoir un style en particulier. Mais à la fin des années 1970 et au début des années 1980, ils ont créé leurs codes vestimentaires en reprenant le navy blazer cher à leurs parents ou encore en osant porter des pantalons en madras, les Duck Boots de LL Bean (marque chère aussi aux Ivy Leaguers des 1960′s), des pantalons velours à motifs répétés et à utiliser le go-to-hell dans leur tenue (couleur flashy portée dans une tenue "traditionnelle").
L’Ivy Style ou Ivy Look est quant à lui un vrai style et n’a pas forcément de rapport avec les preppies, puisque Miles Davis, Steve McQueen ou Paul Newman (qui n’ont pas fait de preparatory schools) étaient tout aussi Ivy Style que les étudiants de Princeton ou Yale dans les 1960′s. Il est d’ailleurs très important de lier en permanence l’Ivy Look et le jazz de cette époque, comme l’ont fait les auteurs anglais de "The Ivy Look" (cf. http://greensleevestoaground.wordpress.com/2010/09/21/the-ivy-look-an-illustrated-pocket-guide-interview/)
En clair, il faut sans cesse se dire que l’Ivy Look n’est valable que pour les 1950′s et les 1960′s, alors que les preppies étaient et sont toujours une sous-culture, voire même une véritable culture, dans l’Amérique d’aujourd’hui.
Peut-être que j’y reviendrai un jour sur le blog, lorsque j’aurais trouvé une manière simple de l’expliquer!
A bientôt,
F.
Merci beaucoup, l’explication est très bonne!
Bonne continuation.
[...] lieu de vie communautaire, un lieu de rencontre et de travail comme nous l’avons déjà vu lors d’un précédent post. Chaque étudiant personnalisait la sienne pour s’y sentir au mieux. Extraite du même album [...]