Dustin Hoffman by John Dominis, 1969.
par greensleevestoaground
En 1967, un certain Dustin Hoffman, 30 ans, fait son apparition dans la merveille très "Ivy Look" de Mike Nichols: The Graduate. Armé d’un navy blazer, d’un seersucker, de cravates club, de penny loafers ou de sneakers blanches, il campe un étudiant petit, naïf, timide, maladroit, à la coupe de garçon trop gentil et au sourire "polisson", tiraillé entre la passion pour une femme mûre (Anne Bancroft) et sa fille jouée par la splendide Katharine Ross. C’est avec ce film, qui lui valut une nomination aux Oscars du meilleur Acteur, qu’il franchit un cap dans la célébrité. Et pourtant, deux ans plus tard, alors qu’il tourne John & Mary de Peter Yates (réalisateur du grand Bullitt, qui nous a quittés en début d’année) aux côtés de Mia Farrow, on découvre un personnage d’une simplicité incroyable, dans sa vie de tous les jours, sur le tournage et avec sa famille. Casual, Ivy, on ne pense pas forcément à Dustin Hoffman lorsqu’il est question de cela. Mais je vous arrête tout de suite! Le talentueux photographe de LIFE, John Dominis, dont nous avons déjà parlé ici, nous prouve le contraire en nous montrant un Dustin Hoffman de 32 ans qui semble en avoir 19, et dont le style n’a rien à envier aux Newman, Davis et McQueen. Peut-être qu’il va même encore plus loin dans le casual. A l’heure où l’on s’arnache d’accessoires inutiles en tous genres, je trouve qu’il est bon de rappeler que l’on envoie tout autant de style avec un sweatshirt, un chino et des sneakers. Oui, je sais, je me répète, c’est une lubie. Mais si vous êtes sur cette page, c’est bien qu’on partage la même obsession. La faute à l’ami Dustin qui donne sa petite touche perso au Cool. Keep it simple!

Moment de détente avec Mia Farrow, toujours sur le tournage de John & Mary. Pantalon en velours côtelé et sweatshirt.

Toujours à New-York en 1969 sur le tournage de John & Mary. La superposition chemise, veste en tweed et trench-coat, le tout associé au chino. Hoffman a tout compris au Sack-Suit!

On oublie souvent le blouson en suédine. Ici, Hoffman l'associe à une chemise flanelle et un pantalon en cotton (beige certainement).

La petite famille Hoffman visitant les Cloisters de New-York. On voit le reste de l'outfit précédent: sneakers blanches, tout simplement.

Mars 1969, à Central Park. Comme McQueen (encore une fois!), Hoffman s'habille à la ville comme dans ses films. Remontez un peu au-dessus, et vous reverrez ce trench superposé quelque part...
Source: John Dominis/LIFE








Cher F.
c’est comme un cadeau que vous nous faites avec cette série.
1000 fois merci.
C.
Il ne porte pas de ceinture tout comme un certain McQueen, comble du cool?
Comble du cool, certainement. Et de l’Ivy Look, c’est sûr! A regarder les étudiants de l’Ivy League dans les années 1950 et 1960, la ceinture est un autre accessoire mis de côté comme nombre d’autres choses, peut-être en réaction au style formaté du costume gris ou noir. C’est assez judicieux en ce qui concerne la ligne: pas de cassure, pas de couleur supplémentaire dans la tenue. Mais plutôt que d’analyser en détail le "non-port" de la ceinture et de se casser la tête à savoir pourquoi on porte ou pas la ceinture, je pense qu’il suffit juste de se dire: si mon pantalon me va, qu’il est à la bonne taille et qu’il ne descend pas lorsque je mets mes mains dans les poches, pourquoi mettre une ceinture? C’est perdre un peu dans la spontanéité de l’habillement que de mettre une ceinture. Spontanéité qui fait tout le charme de l’Ivy Look…