Charles Eames & Robert Motherwell: une touche Ivy chez les artistes.

par greensleevestoaground

Bien souvent, les artistes ne suivent pas de mode. On les reconnaît entre mille, sans forcément tomber dans le cliché du peintre moyen de la rive gauche parisienne.  Dans les années 1950, parmi le nombre de peintres, designers, sculpteurs, architectes qui se sont attaqués à la reconstruction de la vision d’un monde de l’après guerre, parmi les Pollock, Kline ou Rothko, deux semblent avoir représenté à merveille le style Ivy qui n’est pas une mode en soi, mais bien une tradition. Un point de rencontre entre la logique de s’habiller bien, et celle d’avoir des vêtements qui durent. L’un, dans une essence pure et fidèle aux classiques du genre, Charles Eames, et l’autre, dans une simplicité inattendue entre Ivy et arty, Robert Motherwell.

Charles Eames chez lui, aux environs de 1950.

On connaît surtout de Charles Eames la mythique Lounge Chair, ou l’ottoman qui va avec, ses multiples chaises en fibres de verre et assises en tous genres, réalisées parfois avec sa femme Ray ou encore le designer Eero Saarinen. Architecte et designer, il a défini le style moderne dans une période d’après-guerre qui en avait bien besoin. Alliant le fonctionnel aux matières de qualité et durables, le style Ivy semble une évidence pour lui. Dans la photo ci-dessus, il arbore absolument tous les classiques les plus représentatifs de l’Ivy. Alors que d’autres se contenteraient d’un seul de ces accessoires, lui allie la pullover shirt ou pop-over shirt (rééditée pour les 60 ans de Gant) avec un noeud papillon, un flat front pant et des loafers. Rien à dire, l’alliance est parfaite. Regardez même le détail de la boucle de la ceinture décalée sur le côté, qui a peut-être inspiré l’idée de Giuseppe de An Affordable Wardrobe pour cet ensemble.

Motherwell dans son studio new-yorkais de 14th Street en 1952. Photographié par Kay Bell Reynal. © Archives of American Art

Pour Robert Motherwell, c’est l’artiste philosophe, ancien étudiant de Harvard, qui parle à travers cette photo. L’un des plus grands artistes de l’expressionisme abstrait et du surréalisme des annés 1950 se promène dans son atelier en loafers, jean carrément retroussé (c’est dire s’il aime ses penny loafers!) et knit polo, peut-être l’un de ceux de Puritan Sportswear, spécialiste de ce genre de polo pour le golf, à l’époque. Le tout, tâché de peinture… Il faut s’imaginer que sur un simple 501, il y a la peinture de dizaines de tableaux du maître. De là à donner un prix exorbitant à ce jean, il n’y a qu’un pas.

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