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Mesdames : faites-vous belles pour voyager !

Ce titre peut peut-être vous sembler couler de source, mais si vous passez du temps dans les aéroports et observez les claquettes, shorts multipoches et débardeurs fluo, vous allez vite vous rendre compte qu’il sonne en fait comme une phrase révolutionnaire. Certes, les femmes ne sont pas forcément à l’honneur sur GSTAG, mais cela ne veut pas dire qu’elles n’y ont pas leur place. Surtout lorsque Ralph Lauren, du haut de ses 74 ans, nous sert une collection Femme Resort* 2015 incroyablement raffraichissante qui nous rappelle à quel point nous avons perdu certains éléments de savoir-vivre que l’on entretenait avec application des années 1920 aux années 1950. Le styliste new-yorkais remet l’art de s’habiller pour voyager au goût du jour et ce n’est pas pour me déplaire : matières légères, volantes et virevoltantes qui swinguent au gré de la petite brise du tarmac et palette de couleur limitée au bleu et blanc avec une touche d’or par-ci par-là. Pour nous rappeler à quel point la femme, même légère, est à considérer comme un être précieux, symbole de grâce et de beauté, auquel le grand Ralph rend ici un bien bel hommage.

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* Pour ceux qui ne le savent pas (comme c’était le cas pour moi), les collections Resort ou Cruise (collections croisières en français) sont des collections de prêt-à-porter d’intersaison conçues à l’origine pour les riches voyageurs qui pouvaient s’offrir ddes voyages exotiques en plein mois d’hiver. Peu de maisons les proposent, mais vous pouvez être sûr d’y retrouver chaque année les couturiers traditionnels tels que Vuitton, Chanel, Dior ou Ralph Lauren.

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GSTAG sur WITC.

C’est enfin fait, après l’attente longue et douloureuse de Laurent de Where Is The Cool, il a enfin reçu les photos qui représentaient le plus ce que GSTAG aime, autrement dit moi. Oui je suis lent et son intro le rappelle à juste titre. Ce qui m’inspire, ce qui me remplit le bide, ce qui satisfait mes envies shopping, ce qui m’habille, ce qui m’excite les papilles, ce qui occupe mes dimanche après-midi… Quasiment tout y est. Et je remercie grandement ce blogger et ami de longue date pour ce clin d’oeil. Alors si vous voulez en savoir plus sur cette personne qui est assez insolente pour vous livrer un article par mois, voire moins, alors c’est le moment de vous rendre à cette adresse. Pas à vélo hein (comme le ferait les amis de Redingote Express), mais en cliquant dessus :

GSTAG vu par WITC.

JFK à Hyannis, 1963.

C’était son anniversaire hier, et celui de ma mère aujourd’hui pour ceux que ça intéresse. John F. Kennedy aurait eu 97 ans aujourd’hui et serait certainement mort de vieillesse. Alors quelque part, cet anniversaire est juste un prétexte pour poster cette vidéo en excellente qualité de John et sa famille profitant du golf, de leur bateau et de la verdure à Hyannis, Massachussets. Bien sûr, il fallait du blé pour entretenir la demeure des Kennedy dans la rue principale du village situé au Cap Cod, mais cette décontraction, cette simplicité et cette intimité offertes par ces images nous laissent en droit de penser qu’avant d’être un grand président américain, JFK était avant tout un grand homme, un bon homme et chose rare chez les politiques, un homme de son temps. On est en juillet 1963. Joyeux anniversaire, Maman.

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C’est dans la poche.

On le voit ce Gary Cooper faisant venir ses tissus d’Inde, d’Afrique ou des communautés indiennes d’Amérique pour se faire confectionner des vêtements par des maestros italiens. Quand on aime le style, on crée, on imagine et on façonne pour sa personnalité. Et lorsque Laurent de Where Is The Cool m’a dit qu’il s’était lâché sur des chutes de tissu africain pour en faire des mouchoirs de poche, je me suis dit : "Bâtard! Encore une putain de bonne idée!" J’ai bien fait de le complimenter puisque le lendemain, je me retrouvais avec un échantillon dans mon navy blazer en lin. Bien sûr il y a ce côté sapeur que vous allez kiffer parce que vous êtes un gros hipster à la con. Mais au-delà de ça et bien plus important, ils sont beaux, bien foutus (à la main évidemment) et au bon format, ce qui est rare. Pas trop grands, ils ne vous feront pas de nichon sur la poitrine et seront le Vivaldi dans votre discographie baroque, le tapis persan dans votre salon, la Fiat Jolly dans votre garage, le Tabasco dans votre rougail saucisse. A 10€ pièce, frais de port inclus, le voyage à Brazzaville est quasiment donné.

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Le beau gosse là, c’est moi. Mais sans mon mouchoir de poche Sapeur Pocket Square, je serais un connard comme un autre. Alors ne restez pas un connard comme un autre, chopez un Sapeur Pocket Square pour 10€.

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Don Harkness : le kangou-roues.

[Bien que j'ai perdu la moitié des lecteurs avec le jeu de mots ci-dessus, je tente quand même une intro émotionnelle.] Il y a des hommes qui tombent dans l’oubli aussi vite qu’ils sont devenus pionniers. C’est peut-être ce que vous pensez de ce blog de par l’absence de posts réguliers. Mais cela est dû à une chose uniquement, inscrite dans la charte de GSTAG depuis ses premiers balbutiements : je fais ce que je veux. Aujourd’hui cependant, on laisse la place à l’un de ces hommes, l’australien Donald James Harkness, qui est tellement tombé dans l’oubli au point qu’il est impossible de savoir quand il nous a quitté. Aucune présence dans Wiki, ni dans Pitchfork (Oh-My-Go-d). On sait qu’il est né en 1898 à Leichhardt, New South Wales et semble être l’un des pionniers et recordmen de l’histoire automobile et aéronautique australienne. Pas rien au final. Rien qu’en 1925, il remporte 50 courses entre Penrith, Maroubra et Gerringong. À l’époque, en Australie, on court sur les plages sur des courses de vitesse. C’est ce qui amènera Harkness à être le premier australien à franchir les 100 miles par heure, sur une Minerva équipée d’un moteur d’avion Hispano Suiza, le 17 octobre 1925. Chic avec les mains dans le cambouis, Don se fait repérer par Norman Leslie "Wizard" Smith ("L’Australien le plus rapide", d’après le Brisbane Times) qui lui demande de lui préparer une bonne bagnole qui envoie pour tenter de battre le record du monde des ten miles. Harkness s’y colle et crée l’Anzac : curieux monstre (au demeurant plus joli qu’une Koléos) au châssis de Cadillac et moteur d’avion signé Rolls-Royce. Cette fusée sur roue atteindra les 238 km/h à Kaitaia Beach en janvier 1930. Alors je me suis dit qu’un hommage à cet australien, ingénieur de génie, perdu dans les méandres de l’histoire automobile était plus que mérité. Le tout en images et avec style, évidemment, grâce à la collection d’archives mises en ligne par le Powerhouse Museum.

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La fameuse "Anzac" de 1929/1930 qui atteindra les 238 km/h. Derrière elle, l’équipe de Harkness & Hillier, entreprise fondée en 1922 grâce au partenariat entre Harkness et J.C. Hillier qui a un garage à Drummoyne.

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Don Harkness au volant de son Overland Sports "Whitey" dans les années 1920.

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Un biplan Avro Avian léger devant les entrepôts Harkness & Hillier, 1924.

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Le pilote Dave Carrigan au volant d’une Willys-Knight, 1926.

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Don Harkness, un collègue et un moteur d’hydroglisseur.

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Don dans sa Overland Sports "Whitey", 1925.

Don Harkness at the wheel of modified Overland car at race meeting

Harkness dans une autre Overland modifiée et préparée.

Don Harkness at wheel in RAC hill climb, Royal National Park, 1926

Harkness sur la course de côte RAC, dans le Royal National Park austalien, 1926.

Don Harkness at wheel of Overland 6 after setting Australasian 24 hour record

Harkness dans l’Overland 6 qui lui a permis de battre le record australasien des 24h.

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Don Harkness sur un hydroglisseur, fabrication maison.

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Inspection du moteur de la future "F.H. Stewart Enterprise".

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Meeting dans les années 1920.

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Un homme inconnu au volant d’une Overland modifiée par Harkness & Hillier.

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L’équipe qui amené l’Anzac (en arrière-plan) et Norman "Wizard" Smith à atteindre les 238 km/h.

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Vous avez vu le moteur plus haut, le voici avec sa carrosserie: cette F.H.Stewart Enterprise de 1931 n’est certainement pas pour rien dans le design de la Batmobile.

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À ses heures perdues, Harkness faisait des démonstrations automobiles promotionnelles. En costume trois-pièces, avec noeud papillon mais sans gant et sans casque.

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Ce qui est intéressant chez Harkness, c’est qu’il est tellement féru de mécanique qu’il ne va pas seulement s’atteler à construire des bêtes de course, mais aussi un tracteur comme celui-ci, conçu pour une entreprise de bois.

 

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Siebenpunkt : Ivy à la coréenne.

Il est vrai que sur GSTAG, on vit plus au rythme du passé que du présent, plus au rythme du noir et blanc que de la couleur. Surtout, on vit ici à un rythme très lent, puisque le dernier post remonte à deux mois. C’est aussi le passé. Mais aujourd’hui on va parler un peu de tout : passé, présent, futur. Passé, parce que cette collection Printemps-Été 2014 de Siebenpunkt puise son inspiration dans les bases de l’Ivy avec des coupes droites, propres, pas sur-cintrées et une palette de couleur bleu-beige-bordeaux parfaite. Présent, parce que leur collection, comment souvent chez les vêtements inspirés des 1960′s américaines, est un exemple de modernité. Et futur, parce qu’on espère que cette marque basée à Séoul mais au nom allemand (Siebenpunkt signifie "Sept points" dans la langue de Goethe) préfigure une arrivée sur le marché de marques coréennes qui vont fortement entrer en concurrence avec les marques européennes et japonaises du même genre. Ce que vous allez voir ici, malgré un mannequin un peu trop parfait, c’est exactement ce que des marques comme Gant Rugger devraient faire, plutôt que de tomber dans le hipsterisme du blazer trop court et des pantalons trop slims. Alors quand on fait l’effort de manier le coton avec autant de talent, y compris sur les costumes, GSTAG aime et en parle. Et vous attendrez bien le prochain post pour voir des archives sorties de nulle part comme vous les aimez !

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http://www.sieben-punkt.com/

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Bonne Année sur GSTAG.

Bon, quand j’ai regardé mes stats de l’an dernier, je crois que j’étais à moins de 20 posts pour toute l’année 2013. Pourtant Dieu sait si j’en ai rien à carrer des stats de WordPress. Mais j’en ai à carrer de mes lecteurs. Alors oui, certes, pas la peine de me mettre dans votre Feedly: si vous allez sur mon blog une fois par semaine, ou une fois toutes les deux semaines, ça suffira largement. J’ai autre chose à foutre, pas de gosse à nourrir, mais un grand con qui se permet le luxe d’avoir en parallèle un blog de musique, un tumblr de tapette et un Facebook où il poste des meufs pour réfuter l’affirmation précédente. Malgré tout, ici on privilégie la qualité sur la quantité – et je dis plus ça parce que ça m’arrange que pour illustrer la réalité – et je resterai sur cette ligne éditoriale pour la nouvelle année. Des images rares, une recherche historique et avant tout mon plaisir de partager. Et pour commencer 2014 sur ces bases, voici une image pas du tout rare qui n’a nécessité aucune recherche historique. Meilleurs voeux et restez fidèles, comme on disait sur les radios locales en 1996.

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Clark Gable, Van Heflin, Gary Cooper et James Stewart à la soirée de mon blog pour le Nouvel An. Beverly Hills, 31 décembre 1957.

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The Epic Of Everest : l’ascension de Mallory et Irvine en images.

En 1924, Andrew "Sandy" Irvine, 21 ans, et George Mallory, 37 ans, sont sélectionnés pour participer à la seconde ascension de l’Everest avec pour but d’arriver au sommet. Le premier est beau-gosse, timide, manuel, sportif et intelligent. Étudiant au Merton College d’Oxford, participant aux courses d’aviron de Cambridge et Oxford, il a un peu tout pour plaire. Alors, lorsqu’on lui propose de faire partie de l’expédition britannique, il pense à son CV déjà bien rempli et ne refuse pas. Mallory, lui, est un ancien de Cambridge, premier lieutenant artilleur pendant 14-18 et alpiniste confirmé. Il a en effet déjà participé à la première ascension de 1922 qui, suite à une avalanche, a vu sept sherpas tués. Pour sa deuxième tentative, Mallory aura encore moins de chance : Irvine et son compagnon d’ascension disparaissent officiellement le 8 juin 1924 après avoir été aperçus une dernière fois par Noel Odell, lui aussi en route pour le sommet. Mallory et Irvine meurent pendant la troisième tentative d’ascension – Edward Norton, de la même expédition, ayant les jours précédents déjà réalisé  deux records d’altitude. Les conditions de disparition des deux alpinistes trés bien entraînés restent assez mystérieuses, et évidemment, ils ne sont ni les premiers, ni les derniers qui décèdent sur les pentes du plus haut sommet de la planète. Mais si ces deux personnages sont entrés dans l’histoire, c’est que le doute plane aussi sur leur performance : beaucoup pensent qu’ils ont atteint le sommet avant de mourir lors de la descente. Ce qui voudrait dire que la palme de la première accession au sommet revient à ces deux anglais, 29 ans avant Edmund Hilary et Tensing Norgay (!). Le débat reste toujours ouvert, surtout après que l’on ait aperçu le corps supposé d’Andrew Irvine en 1975 et retrouvé celui de Mallory en 1999, tout près du sommet.

George Mallory et Andrew Irvine en route pour l'Everest à bord du SS California, 1924..

George Mallory et Andrew Irvine en route pour l’Everest à bord du SS California, 1924..

Près de 90 ans après leur disparition, le BFI s’est attelé à restorer les images prises par la caméra spéciale du Capitaine John Noel pour livrer un témoignage unique de cette ascension dramatique. En tout, 87 minutes d’images d’archives, tournées dans des conditions extrêmes – qui plus est pour le matériel de l’époque – et servies par une splendide musique de Simon Fisher Turner montrant l’équipe d’Andrew Irvine et George Mallory à la tâche, mais aussi les premières images de la civilisation tibétaine, nous replongent dans l’époque où l’on affrontait l’Everest en laine, tweed et cuir et dans l’une des épopées les plus excitantes de toute l’histoire du sport et de l’humanité.

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L'expédition anglaise de la tentative de juin 1924 au complet (Irvine et Mallory sont au deuxième rang tout à gauche).

L’expédition anglaise de la tentative de juin 1924 au complet (Irvine et Mallory sont au deuxième rang tout à gauche).

Ce document est l'occasion de voir les premières images filmées de la population tibétaine.

Ce document est l’occasion de voir les premières images filmées de la population tibétaine.

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L'équipe de Sherpas de l'expédition de Mallory et Irvine.

L’équipe de Sherpas de l’expédition de Mallory et Irvine.

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L’auteur des images de l’expédition avec son matériel : le capitaine John Baptist Lucius Noel.

L'une des des dernières images de Mallory et Irvine avec leur crew avant leur disparition, juin 1924.

L’une des des dernières images de Mallory et Irvine avec leur crew avant leur disparition, juin 1924.

Malheureusement, ce documentaire n’aura une diffusion que très limitée à travers toute l’Angleterre entre le 1er décembre et le 28 février. On espère malgré tout que le British Film Institue éditera un DVD ou mettra le film en ligne, dans l’intérêt de tous, même de ceux qui s’en battent la race.

À noter que des rumeurs annoncent que George Mallory sera interprété par Benedict Cumberbatch dans le film "Everest" de Doug Liman. Il va falloir mettre le paquet pour envoyer autant de sensations que Nordwand, qui retrace l’ascension fatidique de la face nord de l’Eiger par Toni Kurz et Andi Hinterstoisser en 1936.

On ressort les tenues de plage.

Il y a un paquet de choses dont nous, Messieurs, manquons en voyant arriver l’hiver. Tout d’abord, les articles de GSTAG : le dernier remonte au 12 septembre dernier. C’est long, mais je n’ai pas pu faire plus vite. Ensuite, le beau temps manque, puis la plage, puis les filles en maillot de bain. Alors sans m’étaler, j’ai décidé de vous offrir tout ce dont vous avez manqué ces derniers mois avec une sélection de photos issue de la Library Of Congress datant du milieu des années 1910, à l’époque où les hommes portaient des maillots une pièce et des sack-suits sur la plage.

Al Brown et sa famille.

Al Brown et sa famille.

Al Brown, à la gauche de l'instructeur.

Al Brown, à la gauche de l’instructeur.

L'architecte américain Goodhue Livingston (de l'étude Trowbridge & Livingston) et Mrs. Oren Root.

L’architecte américain Goodhue Livingston (de l’étude Trowbridge & Livingston) et Mrs. Oren Root (conseillère d’A. Rockefeller et Superintendante des Banques de New York).

Frances Breese.

Frances Breese.

Helen Kellogg, belle-fille du magnat des céréales de petit-déjeuner Kellogg's.

Helen Kellogg, belle-fille du magnat des céréales de petit-déjeuner Kellogg’s.

Le champion de natation Henry (ou Harry) Elionsky, 1913.

Le champion de natation Henry (ou Harry) Elionsky, 1913.

Un groupe d'autos quittant Coney Island pour rejoindre Frisco, 1915.

Un groupe d’autos quittant Coney Island pour rejoindre Frisco, 1915.

Long Beach.

Long Beach.

Long Beach, toujours.

Long Beach, toujours.

Long Beach, toujours.

Long Beach, toujours.

Louis Reingold, 1914.

Louis Reingold, 1914.

Mrs Burt Bishop et McCormick Bishop.

Mrs Burt Bishop et McCormick Bishop.

Une plage à Scheveningen, Pays-Bas.

Une plage à Scheveningen, Pays-Bas.

Pêche à la ligne à Long Beach.

Pêche à la ligne à Long Beach.

Petite session de tango à Long Beach.

Petite session de tango à Long Beach.

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Jean Gabin : "Gueule d’Amour" et style de dingue.

Lorsque l’on parle de gentlemen, d’acteurs icônes de style et de charisme, on parle souvent de Gary Cooper, James Dean, Humphrey Bogart, Steve McQueen et j’en passe et j’en passe, et que les non-cités ne m’en veulent pas. Et les français alors ? Bien sûr, tous les bloggueurs connaissent désormais le trench-coat d’Alain Delon dans Le Samourai ou le style ivy cool de Belmondo dans À Bout De Souffle. Mais on a tendance à oublier que les icônes, on les a eu en France aussi avant la guerre. À l’époque où, de l’autre côté de l’Atlantique, on s’habillait comme Cooper, Cagney ou Flynn, nous, on avait "Gueule d’amour". "Gueule d’amour", c’est Jean-Alexis-Gabin Moncorgé, dit "Jean Gabin". Jean Gabin, c’est ce parigot aux yeux bleus entre la bonhommie du meilleur copain et le regard dur du bourru qu’il était. Né le 17 mai 1904 dans le 9e arrondissement, il passe pourtant le plus clair de son enfance à la campagne, dans le Val d’Oise, élevé par Madeleine. Pas la Madeleine (Robinson) qu’il embrassera dans Leur Dernière Nuit, mais "la" Madeleine, sa grande soeur. On imagine alors un Gabin sans son gros pif, dont on ne sait trop d’où il sort. Un pif qu’il obtient à 10 ans avec fierté, lors d’un combat de boxe. Ce sera la seule chose qu’il obtiendra d’ailleurs, puisqu’il est une bille à l’école. Mais être une bille à Janson De Sailly, c’est un peu comme être le premier de la classe dans un lycée de Haute-Loire. Sa mère disparue, son père tenancier et chanteur d’opérette le force à entrer dans le monde du spectacle, alors que le beau Jean rêve de faire comme son grand-père : chauffeur de locomotive à vapeur… Je ne peux pas vous faire l’entière biographie ici, Wiki le fait bien mieux que moi. Mais cette entrée dans le monde du spectacle à 18 ans d’un Gabin qui rêvait de mettre les mains au charbon, c’est l’analogie de son plus beau rôle, de son rêve porté à l’écran: La Bête Humaine, qu’il jouera en 1938, sous la direction du grand Jean Renoir.

À travers quatre films que l’on peut facilement taxer de chefs-d’oeuvre, je vais tenter de vous prouver que nous n’avons pas toujours eu des Kad Merad dans les salles obscures de France. À une époque, on y avait du style, des icônes, des hommes, des charmeurs, des gueules, et parmi ceux-là, une seule, unique et immortelle "Gueule d’amour". Celle que l’on imagine se regarder dans le miroir et se lancer à elle-même un "T’as de beaux yeux, tu sais?".

Un an après son rôle qui l'a consacré dans La Bandera en 1935, Gabin joue Pépé le Moko: un caid parisien qui se cache avec ses compères dans la Casbah d'Alger. Il est ici accompagné d'Ines, sa maîtresse dans le film, jouée par Line Noro.

Un an après son rôle qui l’a consacré dans La Bandera en 1935, Gabin joue Pépé le Moko : un caid parisien qui se cache avec ses compères dans la Casbah d’Alger. Il est ici accompagné d’Ines, sa maîtresse dans le film, jouée par Line Noro. Aux costumes, une certaine Chanel…

Le journaliste et historien Jacques Sicilier dira plus tard du film : « Pépé le Moko, c'est l'installation officielle, dans le cinéma français d'avant-guerre, du romantisme des êtres en marge, de la mythologie de l'échec. C'est de la poésie populiste à fleur de peau : mauvais garçons, filles de joie, alcool, cafard et fleur bleue »

Le journaliste et historien Jacques Sicilier dira plus tard du film : « Pépé le Moko, c’est l’installation officielle, dans le cinéma français d’avant-guerre, du romantisme des êtres en marge, de la mythologie de l’échec. C’est de la poésie populiste à fleur de peau : mauvais garçons, filles de joie, alcool, cafard et fleur bleue ».

Même si beaucoup d'entre nous connaissent encore Jean Gabin, c'est rarement le Gabin, fin, sec et jeune. Pourtant, c'est avant-guerre qu'il connaît ses plus grands succès. Par contre, est-ce que quelqu'un peut me renseigner sur les chaussures sans lacet incroyables qu'il porte sur cette photo?

Même si beaucoup d’entre nous connaissent encore Jean Gabin, c’est rarement le Gabin fin, sec et jeune. Pourtant, c’est avant-guerre qu’il connaît ses plus grands succès dramatiques. Par contre, est-ce que quelqu’un peut me renseigner sur les chaussures sans lacets incroyables qu’il porte sur cette photo ?

1938. Jean Gabin et Michelle Morgan devant la caméra, Marcel Carné  derrière. Le Quai Des Brumes est peut-être le plus grand film français de tous les temps. Deux paires d'yeux comme on n'en voit plus : Michelle et Jean auront d'ailleurs une courte relation dans la vraie vie. Et Gabin de ressortir son foulard de soie et son fedora.

1938. Jean Gabin et Michèle Morgan devant la caméra, Marcel Carné derrière. Le Quai Des Brumes est peut-être le plus grand film français de tous les temps. Deux paires d’yeux comme on n’en voit plus : Michèle et Jean auront d’ailleurs une courte relation dans la vraie vie. Et Gabin de ressortir son foulard de soie et son fedora, arborés fièrement avec un simple sweatshirt de coton et une chemise.

"T'as d'beaux yeux, tu sais", ça vient de là. Un an plus tôt, il était déjà devenu "Gueule d'Amour" dans le film du même nom. Mais là, dans son personnage de déserteur et aux côtés de Michel Simon, il s'emballe quand même la Michèle Morgan.

"T’as d’beaux yeux, tu sais", ça vient de là. Un an plus tôt, il était déjà devenu "Gueule d’Amour" dans le film du même nom. Mais là, dans son personnage de déserteur et aux côtés de Michel Simon, il s’emballe quand même la Michèle Morgan.

En 1939, Gabin retrouve Carné et Prévert (aux dialogues). Il y joue François, un assassin malgré lui assiégé par la police. Il y joue aux côtés de Jules Berry, Jacqueline Laurent et d'un tout jeune Bernard Blier (21 ans).

En 1939, Gabin retrouve Carné et Prévert (aux dialogues). Il y joue François, un assassin malgré lui assiégé par la police. Aux côtés de Jules Berry, Jacqueline Laurent et d’un tout jeune Bernard Blier (21 ans).

Dans ce film qui sort à l'aube de la deuxième guerre mondiale, Gabin affichent une palette de costumes superbes, faisant revivre le milieu ouvrier des années 1930 à merveille.

Dans ce film qui sort à l’aube de la deuxième guerre mondiale, Gabin affichent une palette de costumes superbes, faisant revivre le milieu ouvrier des années 1930 à merveille.

Il y a ces pulls très serrés et courts portés sur des pantalons à pinces larges. Une simple chemise portée dessous. Et puis cette casquette qui aura une durée de vie en France bien plus longue qu'aux États-Unis.

Il y a ces pulls très serrés et courts portés sur des pantalons à pinces larges. Une simple chemise portée dessous. Et puis cette casquette qui aura une durée de vie en France bien plus longue qu’aux États-Unis. Boris Bilinsky, qui a réalisé les affiches de Metropolis et les costumes pour de nombreux films fastueux tels que Casanova ou monte-Cristo, a fait un travail discret, mais incroyable sur ce film.

Gabin en blouson de cuir, c'est pas tous les jours. Un peu comme un avant-goût de sa tenue des FFL. Le 3 septembre 1939, année de sortie du film, il est mobilisé dans la Marine Nationale. Son dernier film avant la guerre sera Remorques. Refusant de tourner pour les allemands, il rejoint Renoir, Duvivier et Aumont à Hollywood. Malgré son idylle avec la somptueuse Marlène Dietrich et une carrière hollywoodienne qui lui tend les mains, Jean Gabin rejoint les Forces Navales Françaises Libres. Canonnier-chef puis second-maître, il participera sous les ordres de Leclerc et Gélinet à des opérations décisives à Casablanca, Royan et Berchtesgaden. Lorsqu'il revient, Gueule d'Amour a des cheveux blancs, une Médaille Militaire, une Croix du Mérite et une deuxième carrière de cinéma qui l'attendent. Sauf que désormais, il est aussi un héros de la Libération.

Gabin en blouson de cuir et avec une arme, c’est pas tous les jours. Un peu comme un avant-goût de sa tenue des FFL. Le 3 septembre 1939, année de sortie du film, il est mobilisé dans la Marine Nationale. Son dernier film avant la guerre sera Remorques. Refusant de tourner pour les allemands, il rejoint Renoir, Duvivier et Aumont à Hollywood. Malgré son idylle avec la somptueuse Marlène Dietrich et une carrière hollywoodienne qui lui tend les mains, Jean Gabin rejoint les Forces Navales Françaises Libres. Canonnier-chef puis second-maître, il participera sous les ordres de Leclerc et Gélinet à des opérations décisives à Casablanca, Royan et Berchtesgaden. Lorsqu’il revient, Gueule d’Amour a des cheveux blancs, une Médaille Militaire, une Croix du Mérite et une deuxième carrière de cinéma qui l’attendent. Sauf que désormais, il est aussi un héros de la Libération. Et cela, peu d’acteurs peuvent s’en vanter.

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